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	<title>Prométhée - Tribune Communiste &#187; démocratie</title>
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	<description>Un spectre hante l&#039;Europe, le spectre du communisme (Marx &#38; Engels)</description>
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		<title>Retraite : Quelle société voulons-nous ?</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Dec 2019 09:40:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;universalité constitue une des bases de principe de la Sécurité sociale malgré le rouleau compresseur de la propagande gouvernementale relayée avec force par les « journalistes » aux ordres et cette cohorte d&#8217;experts, de commentateurs et autres communicants, bref ce que Pierre &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/retraite-quelle-societe-voulons-nous/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_660" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2019/12/2-mains.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-660" title="2-mains" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2019/12/2-mains-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Tous et toutes ensemble !</p></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;universalité constitue une des bases de principe de la Sécurité sociale malgré le rouleau compresseur de la propagande gouvernementale relayée avec force par les « journalistes » aux ordres et cette cohorte d&#8217;experts, de commentateurs et autres communicants, bref ce que Pierre Bourdieu nommait, dès 1998, « <em>l&#8217;intellectuel négatif</em> » [1]. Mais universel n&#8217;a jamais signifié uniformité ; d&#8217;où l&#8217;existence de régimes spécifiques correspondant à des situations spécifiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre des bases de principe de la Sécurité sociale – et non des moindres – est « <em>de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins</em> ». Ce principe aux relents communistes est tout bonnement insupportable pour le capital. Si on y ajoute tous ces milliards inutiles puisque, au lieu d&#8217;engraisser les capitalises, ils sont communs à la classe ouvrière. Et, alors vous comprendrez aisément la longue série d&#8217;agressions subies par la Sécurité sociale. Les ordonnances de 1967 font entrer le patronat dans la gestion de la Sécurité sociale. L&#8217;instauration de la CSG par Rocard en 1990 puis celle de la loi de financement par Juppé en 1995 ont introduit un troisième larron : l’État.<span id="more-657"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Après force contre-réformes des retraites dont les couches sociales exploitées ont toujours été les victimes, après les multiples exonérations de cotisations dites « patronales », voici que Macron va faire payer par la Sécurité sociale une partie de ses mesures pour étouffer, sans succès, le mouvement des gilets jaunes. C&#8217;est ainsi qu&#8217;au fil du temps la Sécurité sociale n&#8217;est plus que l&#8217;ombre d&#8217;elle-même. Ce qui ne signifie nullement qu&#8217;elle soit à bout de souffle comme on l&#8217;entend quotidiennement sur les plateaux des chaines de télévision prétendument d&#8217;information.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dans ce contexte que surgit une nouvelle contre-réforme des retraites. Mais pourquoi cette contre-réforme systémique ? Pour des raisons idéologiques et des raisons économiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Au niveau idéologique, la Sécurité sociale n&#8217;est pas simplement une assurance face aux aléas de la vie, elle constitue un socle commun pour celles et ceux qui n&#8217;ont que leur force de travail à vendre. Elle constitue un élément fort de la solidarité de classe, un élément de prise de conscience que l&#8217;exploitation et l&#8217;aliénation ne sont pas des fardeaux éternels. La Sécurité sociale porte en elle les germes d&#8217;une société post-capitaliste. Et cela est inacceptable pour le néo-libéralisme qui est obsédé par la déprolétarisation du prolétariat, pour y substituer des acteurs reconnaissant comme intangibles les normes du capital.</p>
<p style="text-align: justify;">Au niveau économique, l&#8217;autre obsession du néo-libéralisme c&#8217;est la baisse continue des dépenses publiques au nom des dogmes de la productivité et de la compétitivité. Selon les critères du traité de Maastricht, les comptes publics regroupent les budgets de l’État, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale. L&#8217;importance de cette dernière est sans commune mesure avec les deux autres, donc c&#8217;est là que s&#8217;exercent, depuis des décennies, les coupes les plus sombres.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas encore assez, et voilà la nouvelle réforme des retraites. Passer des vingt-cinq meilleures années pour le privé et des six derniers mois pour le public à la totalité de la carrière professionnelle, qui est loin d&#8217;être une progression régulière et continue pour de plus en plus de personnes, entraine automatiquement une baisse des pensions pour tous et toutes. Un autre fait conduit (ou aggrave) la baisse des pensions : aujourd&#8217;hui les salaires servant de calcul de la retraite sont revalorisés en fonction de l&#8217;inflation, demain les points acquis chaque année sont définitifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si cela justifie pleinement la mobilisation de masse pour jeter à la poubelle le projet Macron. Ce n&#8217;est pas l&#8217;essentiel de ce projet. L&#8217;essentiel réside dans un renversement complet du calcul des pensions. Le système actuel se caractérise par des <strong>prestations garanties</strong>, même si celles-ci sont en moyenne largement insuffisantes pour bien vivre. Cela veut dire qu&#8217;après un nombre de trimestres et un âge donnés, vous avez droit à une pension en fonction de vos salaires et d&#8217;un plafond, c&#8217;est-à-dire une continuité du salaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le régime « à points » c&#8217;est l&#8217;inverse, c&#8217;est un système à <strong>cotisations garanties</strong> fixées à 28,12%. Le budget retraite est tributaire d&#8217;un certain nombre de facteurs. Le chômage massif qui ne s&#8217;améliorera pas avec la généralisation du numérique ; libre aux naïfs de croire à la fable schumpétérienne de la destruction-création. La stagnation des salaires. L&#8217;augmentation du nombre de retraités et de retraitées. Le résultat est limpide. Étant donné que le régime devra respecter la règle d&#8217;or de l&#8217;équilibre budgétaire, la baisse des recettes entrainera une baisse proportionnelle des dépenses. Personne ne peut le contester ! La variable d&#8217;ajustement sera la valeur du point au moment du départ à la retraite. Si la situation objective et chiffrée, suite à un rapport dont seul le Conseil d&#8217;orientation des retraites a le secret, l&#8217;exige la valeur du point baissera automatiquement. Elle sera décidée par les « partenaires sociaux » ou à défaut imposée par l’État, comme vient de l&#8217;illustrer la récente contre-réforme de l’indemnisation des chômeurs et des chômeuses.</p>
<p style="text-align: justify;">La bataille en cours contre le projet rétrograde de Macron n&#8217;est pas seulement une défense des acquis sociaux déjà bien mis à mal dans les décennies passées, ni un marchandage sur tel ou tel aspect dit technique : c&#8217;est une bataille pour définir les contours d&#8217;une société libérée du capital qui ne peut se développer « <em>qu&#8217;en épuisant en même temps les deux sources d&#8217;où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur</em> » [2].</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Yannick et Emile FABROL</strong></p>
<p> 1.- <a href="http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/contrefe/lintellect.html" target="_blank">http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/contrefe/lintellect.html</a></p>
<p>2.- <a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-15-10.htm" target="_blank">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-15-10.htm</a></p>
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		<title>Marxisme et Ecosocialisme</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Mar 2018 18:29:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous reproduisons deux articles qui abordent cette question. Le plus récent : Marx a-t-il inventé l&#8217;écosocialisme ? de Michel Husson publié par le site alencontre le 21 décembre 2017. Lire l&#8217;article en cliquant ICI ou télécharger l&#8217;article en PDF. Le &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/marxisme-et-ecosocialisme/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_622" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2018/03/marxvert.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-622" title="marx vert" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2018/03/marxvert-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">illustration du site Alencontre</p></div>
<p>Nous reproduisons deux articles qui abordent cette question.</p>
<p>Le plus récent : <strong><em>Marx a-t-il inventé l&#8217;écosocialisme ?</em></strong> de Michel Husson publié par le site <strong>alencontre</strong> le 21 décembre 2017. Lire l&#8217;article en cliquant <em><strong><a href="http://alencontre.org/ecologie/marx-a-t-il-invente-lecosocialisme.html" target="_blank">ICI</a></strong></em> ou télécharger l&#8217;article en <em><strong><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2018/03/marx_engels_ecosocialiste_alencontre.pdf" target="_blank">PDF</a></strong></em>.</p>
<p>Le plus ancien : <strong><em>Marx-Engels fondateurs de l&#8217;écologie révolutionnaire</em></strong> publié par le numéro 26 (juin 2002) de la revue <strong>Prométhée</strong>. Télécharger l&#8217;article en <em><strong><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2018/03/marx_engels_ecosocialiste_promethee.pdf">PDF</a></strong></em>.</p>
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		<title>Un front démocratique et social pour combattre le néo-libéralisme autoritaire</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Aug 2017 12:19:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Avec l&#8217;élection de Macron, il est grand temps de prendre en compte le néo-libéralisme et sa version autoritaire qu&#8217;affiche sans complexe le prince-président. Certes le capitalisme demeure le capitalisme tant que le prolétariat n&#8217;aura pas réalisé « la conquête de &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/un-front-democratique-et-social-pour-combattre-le-neo-liberalisme-autoritaire/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_607" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2017/08/pouv68.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-607" title="pouvoir" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2017/08/pouv68-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Nous ne sommes rien, soyons tout</p></div>
<p>Avec l&#8217;élection de Macron, il est grand temps de prendre en compte le néo-libéralisme et sa version autoritaire qu&#8217;affiche sans complexe le prince-président. Certes le capitalisme demeure le capitalisme tant que le prolétariat n&#8217;aura pas réalisé « <em>la conquête de la démocratie</em> » pour utiliser « <em>sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie</em> » selon les propos de Marx et Engels dans <em>le Manifeste communiste</em>. Mais ce serait une grave erreur de ne pas analyser et ni d&#8217;expliquer le fonctionnement du capitalisme dans la période actuelle.<span id="more-606"></span></p>
<p>Le néo-libéralisme, ou plus exactement l&#8217;ordo-libéralisme, est né en Allemagne, dans le cadre de l’École de Friburg, en réaction aux effets dramatiques pour la stabilité du pouvoir de la bourgeoisie du libéralisme classique lors de la crise de 1929. L&#8217;ordo-libéralisme repose sur cinq piliers : la propriété privée des moyens de production – seul droit fondamental, la stabilité monétaire, la concurrence libre et non faussée soit deux des bases essentielles des traités de l&#8217;Union européenne depuis 1957, l&#8217;ordre social cogéré par les partenaires sociaux dont le degré de liberté pour l&#8217;acteur salarial est contraint par les normes indépassables du système et enfin l&#8217;autonomie de l&#8217;entreprise qui constitue l&#8217;unique lieu où se tranche les relations entre exploiteurs et exploitéEs.</p>
<p>Sur le plan politique, c&#8217;est la mort de la démocratie bourgeoise classique. Ce qui devrait conduire à cesser de cultiver des illusions dans la possibilité d&#8217;entreprendre la transformation révolutionnaire de la société dans les limites du cadre institutionnel. Ceci n&#8217;est pas une nouveauté, Walter Eucken, l&#8217;un des pères fondateurs de l&#8217;ordo-libéralisme, se prononçait pour un État fort : « <em>L’État doit consciemment construire les structures, le cadre institutionnel, l&#8217;ordre dans lequel l&#8217;économie fonctionne. Mais il ne doit pas diriger le processus économique lui-même.</em> » Soit le réel programme de Macron, celui dont ces prédécesseurs ont jeté les bases sans pouvoir ou vouloir aller à la racine de cette orientation. Même si pour l&#8217;ensemble du personnel politique de la bourgeoisie le modèle de l&#8217;économie sociale de marché échappe au débat démocratique ordinaire. La Grèce en a été l&#8217;une des preuves la plus probante.</p>
<p>L&#8217;un des résultats de ces choix idéologiques est la déprolétarisation du prolétariat : éclatement des grandes unités de production, destruction des collectifs de travail dans l&#8217;entreprise, développement de l&#8217;intérim, des contrats précaires, et l&#8217;auto-entrepreunariat, persistance du chômage, exacerbation de la concurrence entre salariéEs de tous les pays, destruction des liens de solidarité (Sécurité sociale, code du travail), culte de l&#8217;individualisme, culte de celui qui réussit.</p>
<p>Un autre résultat est la fin du compromis historique entre l’État bourgeois et les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier. Est terminée cette phase dans laquelle pour ne pas tout perdre la bourgeoisie a accepté un compromis social. L&#8217;hégémonie de la bourgeoisie s&#8217;accompagnait d&#8217;une dimension sociale, globale pour la société plus ou moins représenté dans les fonctions de l’État, par les mécanismes de redistribution et de protection sociale. Cela instaurait un cadre idéologique de “progrès” sur lequel prospéraient d&#8217;une part le réformisme et sa pratique de la collaboration de classes et d&#8217;autre part le productivisme et son ignorance de la nature et de l&#8217;environnement.</p>
<p>L&#8217;offensive néo-libérale est mondiale, elle a accentué le développement capitaliste productiviste, en accélérant une crise écologique globale dans laquelle l’humanité est en train de s’enfoncer. Nous atteignons un point crucial dans l’histoire du monde, celui où le capitalisme atteint ses limites. Se dessine la convergence, voire la fusion des effets économiques et sociaux d’une crise économique prolongée avec les effets, de dimensions prodigieuses, de la crise écologique en particulier du changement climatique.</p>
<p>Les préoccupations immédiates de celles et ceux d&#8217;en bas ne se résument pas aux conditions de travail et aux salaires. C’est aussi, entre autres, la liberté de circulation, l’accès à un logement, l&#8217;accès à l&#8217;éducation, l’accès au système de santé et de prise en charge des soins aux enfants, aux personnes âgées et/ou dépendantes, se protéger contre la violence policière, une terre cultivable, un environnement non pollué, une citoyenneté pleine et entière quels que soient sa culture, son origine, son genre, son orientation sexuelle… Se pose donc centralement la question de faire se rencontrer les identités multiples pour que se constitue l&#8217;unité du prolétariat autour d&#8217;un projet commun, global et émancipateur.</p>
<p>Les mobilisations spécifiques, fussent-elles puissantes, ne créent pas par elles-mêmes une réponse politique porteuse d&#8217;une alternative au capitalisme. De même, l’illégitimité démocratique de Macron, sa faible base sociale (numériquement parlant, mais puissante politiquement parlant) et sa chute dans les sondages n&#8217;impliquent pas automatiquement une riposte d&#8217;ensemble. Également, s&#8217;en tenir à un discours simplement défensif ou dénonciateur ou se limiter à réagir à telle ou telle mesure présidentielle : tout cela est, certes nécessaire, mais largement insuffisant. Pour construire du commun, il faut être capable insuffler un esprit combatif, un esprit qui permette aux couches sociales exploitées et opprimées de se libérer de l&#8217;idéologie dominante et de se forger leur propre vision de la société.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que se pose la question de l&#8217;unité du prolétariat qui s&#8217;articule autour de la résistance à la politique présidentielle et de l&#8217;organisation démocratique de cette résistance. Nous devons confisquer à ces quelques dizaines de milliers de profiteurs le contrôle de la société et de nos vies. A tous les niveaux nous devons nous approprier l&#8217;espace public, créer nos outils de décision et de contrôle populaire. C&#8217;est à nous de décider des choix qui nous concernent, cela passe par des réseaux de solidarité capables de renforcer les résistances, de générer des institutions autonomes et de contrecarrer les assauts de l&#8217;ordre néo-libéral.</p>
<p>En conclusion, cela signifie la construction de l&#8217;expression politique indépendante de toutes les victimes de la dictature du capital et l&#8217;émergence d&#8217;un espace politique commun à tous les mouvements d&#8217;émancipation synthétisant leurs combats.</p>
<p style="text-align: right;"> <em><strong><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Émile Fabrol</span></span></strong></em></p>
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		<title>Rosmer, Trotsky et la question du Parti</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2015 07:49:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Nous publions un échange de lettres entre Alfred Rosmer et Léon Trotsky, de 1931, sur la question du Parti, et plus particulièrement son fonctionnement interne. Question qui ne devrait pas manquer d&#8217;intéresser les militantes et militants communistes pour qui la &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/rosmer-trotsky-et-la-question-du-parti/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2015/04/rosmer.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-636" title="rosmer" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2015/04/rosmer.jpg" alt="" width="171" height="294" /></a>Nous publions un échange de lettres entre <strong>Alfred Rosmer</strong> et <strong>Léon Trotsky</strong>, de 1931, sur la question du Parti, et plus particulièrement son fonctionnement interne. Question qui ne devrait pas manquer d&#8217;intéresser les militantes et militants communistes pour qui la démocratie est un choix indiscutable.</p>
<h4 style="text-align: right;">Pour lire ces documents : cliquer <a href="http://www.promethee-1871.com/histoire/rosmer-trotsky-et-le-parti/">ICI</a></h4>
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		<title>Une Socialiste gagne les élections à Seattle</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Nov 2013 10:42:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La victoire la semaine dernière de Kshama Sawant, candidate de Socialist Alernative, une militante ouvertement révolutionnaire, aux élections municipales de Seattle est un événement de portée historique aux États-Unis et bien au-delà. Son effet se fait immédiatement sentir de ce &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/une-socialiste-gagne-les-elections-a-seattle/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_516" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/11/kshama.jpeg"><img class="size-thumbnail wp-image-516" title="Kshama Sawant" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/11/kshama-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Kshama Sawant</p></div>
<p style="text-align: justify;">La victoire la semaine dernière de Kshama Sawant, candidate de Socialist Alernative, une militante ouvertement révolutionnaire, aux élections municipales de Seattle est un événement de portée historique aux États-Unis et bien au-delà. Son effet se fait immédiatement sentir de ce côté-ci de l&#8217;Atlantique dans le débat qui a lieu actuellement en Grande-Bretagne parmi les 10 000 soutiens et 1 000 cotisants, répondant à l&#8217;appel initial du cinéaste Ken Loach, qui s’apprêtent à créer le 30 novembre prochain le nouveau parti Left Unity : les supporters de la Socialist Platform de Left Unity &#8211; parmi lesquels nos camarades Kathrine Brannan et Henry Nowak (<a href="http://www.promethee-1871.com/grande-bretagne-socialisme-ou-gauche-large/" target="_blank">notre article</a>) &#8211; voient dans cette victoire la confirmation de leur argument pour « un parti ouvertement socialiste » et pas seulement « de gauche au sens large ». Le même débat est également d&#8217;actualité dans d&#8217;autres pays, y compris la France. Nous publions ici notre traduction de l&#8217;article des camarades australiens de Red Flag (paru cette nuit) ; celui-ci est à la fois un compte-rendu vivant de la campagne de Kshama Sawant, une analyse des raisons de son succès et un appel à l&#8217;unité des organisations révolutionnaires trop souvent sectaires les unes par rapport aux autres : le soutien des camarades américains de l&#8217;ISO à la campagne d&#8217;une candidate du CIO est un contre-exemple de ce sectarisme attitude que nous saluons en levant nos verres au succès de Kshama Sawant et de ses camarades.<span id="more-523"></span></p>
<p><strong>Une Socialiste gagne les élections à Seattle</strong><br />
<strong>par Barry Sheppard</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Article paru dans <a href="http://redflag.org.au/article/socialist-wins-seattle-election#" target="_blank">Red Flag</a> le vendredi 22 novembre 2013</strong><br />
<strong>(traduction en français et notes par Jean-Michel Edwin)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Kshama Sawant , une candidate ouvertement socialiste, a remporté l&#8217;élection au conseil de la ville de Seattle dans le scrutin de Novembre. Il faudrait revenir à la première moitié du XXe siècle pour trouver quelque chose de semblable aux États-Unis. Kshama Sawant, qui est née en Inde, a immigré aux États-Unis dont elle est maintenant citoyenne. Elle a d&#8217;abord attiré l&#8217;attention dans le cadre du mouvement local de protestation Occupy en 2011.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que Occupy ait disparu, beaucoup de ceux qui ont été inspirés par ce mouvement ont milité sur d&#8217;autres fronts : notamment de l&#8217;opposition aux saisies, le soutien aux grèves et manifestations des travailleurs de la restauration rapide et l&#8217;opposition aux trains de charbon qui doivent traverser la région de Seattle.</p>
<p style="text-align: justify;">Kshama Sawant a été la porte-parole de ces initiatives, dont les militants constituent l&#8217;épine dorsale de sa campagne. Quelques jours après que sa victoire ait été confirmée [1], la nouvelle élue du conseil municipal [2] se tenait avec les travailleurs de Boeing qui occupaient leur compagnie dans le cadre d&#8217;une grève. Les employés, organisés dans l&#8217;Association internationale des machinistes, venaient de voter à une large majorité contre un contrat de concession.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Los Angeles Times rapporte : «  <em>La pluie, dégoulinant son poncho bleu, était froide mais les paroles de la conseillère municipale de la ville nouvellement élue grésillaient</em>. » «  <em>Entourée par les travailleurs syndiqués réunis pour soutenir les machinistes de Boeing , Kshama Sawant a dénoncé le système des deux partis politiques, la cupidité des entreprises, des contrats militaires et les dirigeants du géant de l&#8217; aéronautique &#8230;</em> » «Nous n&#8217;avons pas besoin des cadres exécutifs, s&#8217;écria la première socialiste élue de Seattle de mémoire historique, que la foule a applaudie en cette pluvieuse heure de rassemblement. » « Nous avons besoin que Boeing soit la propriété publique démocratique des travailleurs, de la communauté ».</p>
<h3>Des propositions concrètes</h3>
<p style="text-align: justify;">Kshama Sawant a mené campagne autour de trois exigences : l&#8217;augmentation du salaire minimum à 15 $ l&#8217;heure, l’institution de contrôles pour freiner la flambée des loyers et la taxation des millionnaires pour financer un système de transport en commun et d&#8217;autres projets de la ville. Ces demandes vont dans la direction opposée à la voie de l&#8217;austérité que démocrates et républicains ont tracée. Elles ont touché une corde sensible. De même la dénonciation des deux grands partis. Le pays tout entier les a vu incapables de répondre aux besoins des &nbsp;&raquo; 99 % &nbsp;&raquo; [3]. Pendant ce temps , les « 1 % » ont été choyés pendant la Grande Récession et ce qui s&#8217;en est suivi.</p>
<p style="text-align: justify;">Sawant n&#8217;a pas caché ou minimisé son engagement politique socialiste. Le fait qu&#8217;elle a gagné sur cette base à une élection dans toute la ville est important. Il reflète une nouvelle ouverture vers le socialisme, en particulier chez les jeunes. Un article paru dans le New York Times a cité Sawant , « <em>Je pense que nous avons montré aux sceptiques les plus bornés que l&#8217;étiquette socialiste n&#8217;est pas mauvaise pour réussir une campagne populaire</em>. » Même l&#8217;homme qu&#8217;elle a battu, élu titulaire du Parti démocrate depuis 16 ans, Richard Conlin, a déclaré après l&#8217;élection : &laquo;&nbsp;<em>je ne crois pas que la plupart des gens à Seattle aient peur du socialisme.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Des sondages récents montrent que 60 pour cent des 18-29 ans préfèrent le socialisme au capitalisme. Cela ne doit pas être surestimé. Ni la victoire de Kshama Sawant ni ces sondages ne signifient que le socialisme soit bien compris, ou qu&#8217;un grand nombre se considère maintenant comme socialistes. Les organisations socialistes ont perdu des membres, et l&#8217;étiquette reste pour beaucoup un anathème, en particulier dans les régions les moins progressistes du pays. Mais cela montre que les socialistes peuvent faire des percées quand ils ont des propositions concrètes et que les idées socialistes trouvent un écho.</p>
<h3>Briser l&#8217;étau démocrate</h3>
<p style="text-align: justify;">Seattle est une base solide du Parti Démocrate. Cela signifie que Kshama Sawant n&#8217;a pas été confrontée à l&#8217;obstacle de &nbsp;&raquo; moindre mal &laquo;&nbsp;, où les gens votent démocrate par peur d&#8217;une victoire des républicains. La bataille s&#8217;est déroulée ici entre une socialiste et un démocrate. La campagne de Kshama Sawant a commencé modestement . Elle a été en mesure d&#8217;utiliser le fait que Seattle est la ville d&#8217;un seul parti (NDLR : les démocrates) pour mettre en évidence que le parti démocrate est au service des intérêts des capitalistes.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>L&#8217;appareil du Parti démocratique &#8230; gère ces villes dans l&#8217;intérêt des riches et des puissants</em> », a-t-elle expliqué, soulignant que Conlin était un « <em>politicien vendu aux grandes entreprises</em> ». Plus la campagne a avancé, plus cela est devenu une évidence .</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Conlin a recueilli des dons de toutes les entreprises immobilières, des cabinet d&#8217;avocats du centre-ville, des magnats de la construction, des grands manitous du chemin de fer, et ainsi de suite</em> », a noté un commentateur .</p>
<p style="text-align: justify;">Sawant a rejeté les dons des entreprises. Mais tandis que sa campagne montait en puissance, sa base militante a collecté une somme considérable (mais inférieure tout de même aux dépenses de Conlin) de $ 125,000. Conlin a également eu le soutien du grand quotidien le Seattle Times, des comités de district du Parti démocrate, de plusieurs syndicats, des principales organisations environnementales et des autres élus.</p>
<p style="text-align: justify;">Sawant est professeure d&#8217;économie au Seattle Community College. La Fédération américaine des enseignants locaux la soutenu sa candidature, à l&#8217;instar d&#8217;un local de la Service Employees International Union ( SEIU ). Elle a également été approuvée par The Stranger [4], un journal communautaire qui s&#8217;adresse aux jeunes, aux personnes radicales et aux LGBTI.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l&#8217;élan de sa campagne grandissait, il y eut des défections intéressants. Certains responsables démocrates ont rompu les rangs pour soutenir Sawant. Puis, le conseil du travail de comté a voté à 28 voix contre 21 pour soutenir la socialiste. Résultat insuffisant pour une soutien formel, mais qui a fait les manchettes.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce moment Conlin s&#8217;est mis à soutenir un salaire minimum à 15 dollars, de même que les deux autres démocrates en lice pour la mairie. Un autre facteur à l&#8217;appui de Kshama Sawant était que Conlin était à la tête de la commission d&#8217;aménagement du territoire du conseil de la ville, avec un profil pro-investisseurs immobiliers. Un militant a écrit dans une lettre à l&#8217;éditeur, « <em>Quand les citoyens ordinaires ont assisté aux réunions sur l&#8217;utilisation des terrains, dans un grand nombre de cas Conlin a ignoré nos appels</em> » (pour empêcher les investisseurs de fouler aux pieds les préoccupations de la population locale).</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Les membres du Conseil ont dit nos idées étaient« nulles et non avenues », de sorte que nous nous sommes tournés vers Sawant et avons découvert qu&#8217;elle comprenait nos préoccupations. Elle milite avec passion pour le pouvoir des gens pas celui des entreprises</em> ». Sawant était candidate de Socialist Alternative, une organisation affiliée du Comité pour une Internationale Ouvrière basé en Grande-Bretagne. Le CIO se considère comme trotskyste.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa campagne a reçu le soutien de l&#8217;International Socialist Organization (ISO). Il est à espérer que des efforts similaires puissent rassembler les socialistes révolutionnaires de différentes origines aux États-Unis dans le travail commun et la discussion [5].</p>
<address>1.- Samedi 16 novembre 2013 (NDLR Prométhée)<br />
2.- Conseil municipal qui comporte 9 membres (NDLR Prométhée)<br />
3.- Le mouvement Occupy s&#8217;est mobilisé au nom « 99% des gens face au 1% de possédants » (NDLR Prométhée)<br />
4.- L’Étranger (NDLR Prométhée)<br />
5.- Aux États-Unis et aussi ailleurs, ajouterons nous !</address>
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		<title>Grèce : Résolution du congrès de DEA</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Nov 2013 12:45:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prolétariat]]></category>

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		<description><![CDATA[1. L’approfondissement et la continuation de la crise du capitalisme international se combinent avec la crise politique en Grèce. Cette combinaison crée une situation de polarisation socio-politique accentuée et la perspective d’une accélération marquée des processus en cours. 1.1. Les &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/grece-resolution-du-congres-de-dea/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/11/dea-e1384260155512.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-482" title="dea" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/11/dea-e1384260155512.jpg" alt="" width="153" height="67" /></a>1.</strong> L’approfondissement et la continuation de la crise du capitalisme international se combinent avec la crise politique en Grèce. Cette combinaison crée une situation de polarisation socio-politique accentuée et la perspective d’une accélération marquée des processus en cours.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-481"></span></p>
<h3 style="text-align: justify;">1.1. Les dominants ne peuvent pas continuer à gouverner comme antérieurement</h3>
<p style="text-align: justify;">La prétendue « success story » économique du premier ministre Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie) et du ministre des Finances Yannis Stournaras s’est déjà effondrée. La seule « promesse » que la bourgeoisie peut faire est celle d’une prolongation étendue d’une austérité sévère, d’une permanence durable des niveaux sans précédent de chômage. Aucune « lumière » n’apparaît « au bout du tunnel ». Malgré les terribles privations de tout ordre imposées, la dette est montée en flèche et atteint un niveau supérieur à celui de 2009. Elle est estimée à 317 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre de 2013. Cela rend la perspective de nouveaux Mémorandums [dictés par la Troïka] et de nouvelles mesures d’austérité de plus en plus possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le terrain politique, la Nouvelle Démocratie (ND) ne peut pas faire face à la crise de direction politique bourgeoise. Malgré le soutien scandaleux de toutes les forces de l’establishment (mass media, grands capitalistes, centres de pouvoir internationaux), l’influence de la coalition au pouvoir (ND et PASOK-Mouvement socialiste panhellénique) reste faible. Cette coalition risque de perdre les élections au cas où elles se tiendraient de manière anticipée. Le tournant très à droite de Samaras a créé plus de problèmes qu’il n’en a résolu et cette fraction de ND doit faire face aujourd’hui à une « opposition interne ». Ainsi, même les politiciens notoirement d’extrême-droite et membres de ND, tels Nikos Dendias, ministre de « l’ordre public », et Makis Voridis, ex-ministre des Infrastructures, ont été contraints – malgré leur orientation politique récente en direction d’Aube Dorée – d’« affronter » cette dernière, afin que la ND conserve un certain contrôle sur les développements politiques et maintienne l’espoir d’obtenir une première position en cas d’élections.</p>
<p style="text-align: justify;">Le centre gauche, la force qui avait traditionnellement la tâche d’organiser des compromis et la conduite des contre-réformes, ressemble à un zombie. Avec la colère de la base sociale qu’il représentait jadis, la social-démocratie en Grèce est en train de s’effondrer à un rythme sans antécédent en Europe. Dans les sondages, le PASOK d’Evangelos Venizelos, vice-premier ministre, est proche du seuil de 5 % des suffrages qui permet d’accéder au parlement. Divers fragments issus du PASOK tentent vainement de « recomposer » une force afin de mettre en place une version grecque du parti italien L’Olivier [dont une des têtes était Romano Prodi]. Toutes les forces (par exemple la Gauche démocratique-DIMAR de Fotis Kouvélis) qui rejoignent ce marais seront rapidement « déchiquetées » par les effets de la crise et des chocs socio-politiques, cela en raison de la colère des masses laborieuses et des couches populaires.</p>
<p style="text-align: justify;">La réorganisation de la social-démocratie sera impossible aussi longtemps qu’une politique de concessions élémentaires et de dialogue social est hors de question pour la classe dominante.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise de direction de la part des partis bourgeois traditionnels crée un risque d’autoritarisme, un tournant antidémocratique vers un « Etat fort » et « un pouvoir avec une poigne de fer ». La croissance d’Aube dorée (avec le soutien scandaleux de l’appareil d’Etat) était et reste un élément pour la concrétisation d’une telle perspective.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette menace, notre seul bouclier est la force du mouvement des travailleurs en Grèce, la force qui a soutenu la montée de la gauche (et surtout de SYRIZA), la force qui a imposé le premier coup à Aube dorée après l’assassinat de Pavlos Fyssas, la seule force qui peut écraser complètement les néonazis et défendre les droits et les libertés démocratiques.</p>
<h3 style="text-align: justify;">1.2. Les gouverné·e·s ne veulent pas être gouvernés comme par le passé</h3>
<p style="text-align: justify;">Face aux politiques d’austérité, la classe ouvrière et le peuple de Grèce ont répondu avec une résistance prolongée et forte ; elle se situe au plus haut niveau au sein de toute l’Europe. Au cours des trois dernières années, à de nombreuses reprises, l’establishment a pensé qu’il avait réussi à se défaire d’une forte opposition. Mais, à chaque fois, il a dû, assez vite, faire face à une renaissance du mouvement de résistance. Il y là la réponse à ceux qui prétendent aujourd’hui que « les gens ont perdu la volonté de se battre ». Affirmation faite en vue – surtout dans les cercles dirigeants des syndicats – de blâmer les salarié·e·s et, de la sorte, de ne pas faire les comptes avec leurs propres insuffisances ou, plus clairement, leurs trahisons des besoins et revendications des travailleurs et travailleuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Les directions syndicales – social-démocrates en particulier – porte une responsabilité historique en la matière. En acceptant les</p>
<p style="text-align: justify;">Mémorandums, en essayant de sauver les appareils syndicaux [mis en place avant la crise au travers d’une répartition entre partis dominants] contre les droits des travailleurs, ils ont conduit les syndicats – au cours d’une période de luttes massives des travailleurs – dans une crise historique. Cette situation, combinée avec le retard dans le développement des organisations sociales alternatives de lutte, a débouché sur un manque critique d’« armes défensives » pour la classe ouvrière, et cela dans une telle période cruciale.</p>
<p style="text-align: justify;">La combinaison de tous ces facteurs crée une situation singulière, étrange. D’une part, la classe ouvrière semble incapable d’une riposte à la hauteur, donc de mettre à bas – immédiatement – les Mémorandums et les politiques d’austérité. D’autre part, les citoyens et les citoyennes appuient avec une force sans précédent la gauche politique. Ils soutiennent une solution politique (« un gouvernement de gauche ») dont l’audience est forte et reste populaire, malgré les attaques de tous les instruments du pouvoir contre une telle éventualité.</p>
<h3 style="text-align: justify;">2. Un gouvernement de gauche</h3>
<p style="text-align: justify;">Dans le contexte d’une telle impasse politique et de cette polarisation extrême entre les principales classes sociales, un « gouvernement de gauche » en Grèce ne peut pas être une répétition pacifique des gouvernements de (centre) gauche qu’a connus l’Europe au cours de ces 20 dernières années (tels le gouvernement de la « gauche plurielle » en France ou celui de Romano Prodi en Italie).</p>
<p style="text-align: justify;">Et il ne peut pas profiter de la stabilité des « anciens » gouvernements dits de gauche en Amérique latine (comme le maintien durable au pouvoir du Parti des Travailleurs au Brésil, qui jouissait de la tolérance de la bourgeoisie, dans un contexte économique et social fort différent).</p>
<p style="text-align: justify;">Quiconque pense au sein de SYRIZA à la possibilité de répéter de telles formules nage dans l’utopie.</p>
<p style="text-align: justify;">Un gouvernement de gauche, plongé au milieu de la profonde crise de la Grèce actuelle, ouvrira sur une « aventure ». Soit il sera forcé de trahir presque sans délai les attentes populaires et des salarié·e·s, et cela conduira à un effondrement tragique ou, au mieux, « grotesque ». Ou il sera contraint d’appliquer des politiques qui bouleversent les choix politiques cruciaux de la classe dominante et de sa direction, faisant appel ainsi à l’entrée « sur scène » des mouvements sociaux et ouvrant la voie à des changements radicaux qui iraient bien au-delà d’une simple conquête parlementaire gouvernementale du « pouvoir ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à ce genre de dilemmes et de luttes que nous devons nous préparer. Notre combat est de renverser Samaras, pour annuler les Mémorandums, pour mettre fin à cette austérité, pour écraser totalement les néonazis, pour atteindre les objectifs assumés d’un effectif gouvernement de gauche.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous allons donc devoir mener une lutte – dont le résultat ne peut pas être prédit, par définition – pour l’orientation programmatique et politique d’un tel gouvernement, pour son caractère de classe. Nous aurons à défendre le gouvernement de gauche contre les attaques de la droite, mais nous aurons aussi à défendre la classe ouvrière contre les déficiences, les hésitations, ou (ce qui est loin d’être impossible) les tournants à droite de la gauche gouvernementale.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous réaffirmons notre opinion selon laquelle le gouvernement de gauche n’est pas le but final (qui pourrait prétendument sauver les gens, le pays, etc.), mais une étape « transitoire » qui soit peut ouvrir la voie à une émancipation socialiste ou au contraire s’effondrer après une défaite honteuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte, il est évident que les développements à l’intérieur de SYRIZA sont un facteur crucial. Le Congrès de DEA approuve et confirme les initiatives du Comité central sortant pour la mise en place d’un courant de la gauche radicale à l’intérieur de SYRIZA, grâce à l’alliance de la Plateforme de gauche. Dans un futur proche, DEA soutiendra le plus possible la constitution et la consolidation concrètes de la Plateforme de gauche, en termes programmatiques, politiques, tactiques et organisationnels.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon nos estimations, les choix à venir vont être de plus en plus difficiles et conflictuels. C’est pourquoi nous mettrons l’accent sur la constitution indépendante du Red Network (regroupement de diverses forces) et le soutien à Rroject.gr comme « organe » de ce réseau. Nous devons, de toute urgence, rallier autour de nous les militants de SYRIZA qui sont capables et désireux d’agir en conformité avec nos conceptions, nos options politiques et le « timing » politique si important dans un tel contexte.</p>
<h3 style="text-align: justify;">3. Comités populaires</h3>
<p style="text-align: justify;">Le choix de mettre en place des comités populaires qui – a été proposée à partir de la Plateforme de gauche et est acceptée par SYRIZA en général – est d’une importance cruciale.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette approche doit répondre à la question du développement d’une relation étroite avec les militants qui ne sont pas à l’intérieur de SYRIZA.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus important, elle offre une perspective aux membres de SYRIZA, et en particulier aux adhérents et sympathisants de la Plateforme de gauche, sur la forme que peut prendre l’unité dans l’action de l’ensemble de la gauche, compte tenu de l’orientation sectaire du Parti communiste (KKE) et, de manière moins prononcée, de part d’ANTARSYA (coalition hétérogène d’une partie de la gauche radicale).</p>
<p style="text-align: justify;">L’option en faveur des comités populaires de résistance (illustrés déjà par quelques dizaines d’exemples) répond à une modalité d’unification des initiatives et luttes sociales contre l’austérité ainsi que des mobilisations antifascistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais plus important encore, cette option jette les bases permettant de répondre à une question cruciale : le retard dans le développement d’organismes sociaux dans lesquels les personnes, elles-mêmes, présenteront leurs propres revendications, définiront les tactiques à adopter, ce qui implique une participation active, facteur de politisation. Nous envisageons les comités populaires de résistance comme un instrument stratégique permanent. Nous voudrions qu’ils évoluent vers des organes de lutte aptes à s’engager dans le renversement du gouvernement Samaras et, dans la foulée, à être des « embryons » d’une organisation indépendante des classes laborieuses et des masses populaires, afin de faire face aux défis qu’ils devront affronter dans l’hypothèse de l’accession d’un gouvernement de gauche.</p>
<h3 style="text-align: justify;">4. DEA et ses perspectives</h3>
<p style="text-align: justify;">Dans un passé récent, nous étions en première ligne face aux attaques visant les organisations de la gauche révolutionnaire à l’intérieur de la coalition de SYRIZA ; autrement dit, une très forte pression pour une « auto-dissolution ». Suite au Congrès fondateur de SYRIZA (10-14 juillet 2013), cette pression s’est amenuisée, d’autant plus que se sont révélés les aspects hypocrites ayant trait à l’argumentation sur la nécessité d’une « dissolution » des organisations. Pour nous, cela rend plus facile la défense avec fermeté de nos « terrains d’action » (presse, initiatives, prises de position, etc.) et conjointement de participer pleinement aux activités de SYRIZA, ce qui doit faire obstacle à toute tentative de remettre à l’ordre du jour le thème de l’« auto-dissolution ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cela n’est pas assez. Le défi principal est que nous parvenions à construire une organisation plus ample, plus sérieuse, plus ancrée dans les terrains sociaux et pouvant permettre le rassemblement dans l’action du plus large courant de gauche avant et au cours des batailles sociales et politiques décisives qui nous attendent.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette perspective, le Congrès donne mandant au nouveau Comité central d’œuvrer à:</p>
<p style="text-align: justify;">– Une « réorganisation démocratique » plus ample de DEA, cela en conformité avec les nouveaux statuts adoptés [qui ont été un des points de discussion du congrès].</p>
<p style="text-align: justify;">– Le redéploiement des forces organisées de DEA afin de déployer un fonctionnement à l’échelle des régions, avec l’objectif d’une croissance rapide de l’organisation [qui s’est vérifiée durant les derniers mois].</p>
<p style="text-align: justify;">– Un renforcement systématique de notre présence dans les lieux de travail, dans le but d’un enracinement social accru. La mise en place de structures regroupant les salarié·e·s selon les secteurs de travail – processus déjà engagé dans les hôpitaux, l’éducation, etc. – en indique la voie.</p>
<p style="text-align: justify;">– La poursuite et le renforcement de notre action antifasciste et antiraciste, en relation étroite avec la lutte contre l’austérité sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">– L’accentuation de notre travail organisé dans la jeunesse avec notre implication dans le processus de fondation de la Jeunesse de SYRIZA.</p>
<p style="text-align: justify;">– Notre engagement le plus actif possible dans les comités populaires existants et pour les multiplier.</p>
<p style="text-align: justify;">– Le fonctionnement plus organisé, en tant que tels, du Red Network et du Rproject.gr.</p>
<p style="text-align: justify;">– La conduite à bon port du processus de fusion avec les camarades de Kokkino et d’APO, en mettant l’accent sur la nécessité, comme élément de ce développement, de gagner une couche plus ample de militants politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">– La fondation de l’Institut Pantelis Pouliopoulos [1] qui devrait faciliter un élargissement du débat idéologique et politique, des publications et diverses initiatives publiques, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">– L’élargissement de la diffusion de notre presse (Ergatiki Aristera) et la relance d’une revue théorique et politique. Le Conseil national [structure réunissant les représentants des divers groupes locaux] doit encore débattre et décider du caractère de cette revue.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ces tâches et initiatives ici désignées ont un objectif: le renforcement idéologique, politique et organisationnel de DEA afin d’affronter avec succès les «tempêtes» à venir. 27 octobre 2013 (<a href="http://alencontre.org/europe/grece/grece-quelles-perspectives-pour-la-gauche-de-syriza-resolution-du-congres-de-dea.html" target="_blank">Traduction A l’Encontre</a>)</p>
<address>[1] Pantelis Pouliopoulos est né en 1900. Il adhère à l’opposition de gauche en 1927, sera exclu du Parti communiste. Il traduira en grec Le Capital, La critique de l’économie politique de Marx, La révolution trahie de Léon Trotski, etc. Il sera actif pour l’unification du mouvement trotskiste grec en 1938. Il fut alors arrêté par la dictature de Metaxas. En 1943, il a été exécuté par les carabiniers fascistes italiens, occupant la Grèce. Le discours qu’il avait adressé aux soldats du peloton d’exécution leur avait fait renoncer à tirer. La hiérarchie fasciste dut faire appel aux carabiniers. (Réd. A l’Encontre)</address>
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		<title>Où va la Turquie ?</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jun 2013 10:23:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prolétariat]]></category>

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		<description><![CDATA[Questions posées par Prométhée à Gülçin Erdi Lelandais, chargée de recherche CNRS à l&#8217;Université de Tours. Elle a publié : Altermondialistes en Turquie à L&#8217;Harmattan (Paris,2011) et Quartiers de contestation…quartiers d’exclusion : politiques d’urbanisation et résistances populaires à Istanbul dans la numéro &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/ou-va-la-turquie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/06/taksim.jpeg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-277" title="taksim" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/06/taksim-150x150.jpg" alt="Et maintenant la place Taksim" width="150" height="150" /></a>Questions posées par <em>Prométhée</em> à <strong>Gülçin Erdi Lelandais</strong>, chargée de recherche CNRS à l&#8217;Université de Tours. Elle a publié : <em>Altermondialistes en Turquie</em> à L&#8217;Harmattan (Paris,2011) et <em>Quartiers de contestation…quartiers d’exclusion : politiques d’urbanisation et résistances populaires à Istanbul</em> dans la numéro 76 (2010) de <em>Cultures &amp; Conflits</em>.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Comment se déroule ce moment magique où les exploités deviennent soudain ce que Marx appelait « <em>une classe pour soi</em> » ? Est-ce la même nature que Occupy Wall street etc. ou différent ?</strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">On ne peut pas parler du mouvement des exploités pour la mobilisation autour de Gezi La mobilisation réunit des couches de la société très diverses avec des sensibilités politiques différentes (kémalistes, nationalistes, écologistes, extrême-gauche ensemble). Le mouvement reste majoritairement jeune et étudiant, ceux qui n&#8217;ont pas encore accédé réellement au marché du travail. On ne peut pas parler d&#8217;une conscience de classe. La lutte de classe n&#8217;a jamais été la motivation. Dans les formes d&#8217;action, ce mouvement ressemble beaucoup aux mouvements des Indignés puisque les gens sont descendus dans la rue en raison de leur indignation contre la violence policière et la destruction des arbres.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">En revanche, leur cible n&#8217;est pas la pauvreté, le chômage ou la spéculation boursière. Leur action s&#8217;inscrit dans un refus du système néolibéral qui est mis en pratique par le gouvernement d&#8217;une matière autoritaire. Ils s&#8217;opposent également aux actions de plus en plus conservatrices du gouvernement qui intervient de plus en plus dans la vie privée et même sexuelle de ses citoyens (avortement, maquillages, appel aux comportements corrects des couples dans l&#8217;espace publique, alcool, demande aux familles d&#8217;avoir trois enfants, restrictions sur les pilules, etc.)</p>
<p style="text-align: left;"><strong>La Turquie redevient-elle «<em> le maillon faible de l&#8217;impérialisme</em> » ? L&#8217;endroit d&#8217;où peut partir la révolution prolétarienne , ce que certains courants en Turquie pensaient avant l&#8217;époque du coup d&#8217;Etat et même encore en 1981 (cf. la tendance de gauche Isçinin Sesi du TKP ).</strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Je ne pense pas pour l&#8217;instant. Le fait que ce soit une mobilisation sans organisation empêche pour l&#8217;instant qu&#8217;elle débouche sur des demandes politiques bien formulées visant l&#8217;accès au pouvoir politique. De plus, l&#8217;impérialisme quand il vient de la Turquie elle-même envers les autres ne choque pas autant la plupart des gens en Turquie. Ils le considèrent comme la signe de la puissance de la Turquie (je ne parle pas là des manifestants de Gezi). En revanche, cette mobilisation est très importante dans la mesure où elle a permis la discussion sans censure dans l&#8217;espace publique des dérives autoritaires et liberticides des politiques urbaines néolibérales dans sa globalité.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Quelle place la gauche (l’extrême-gauche) joue-t-elle dans le mouvement ? Les différents groupes parviennent-ils à surmonter division et sectarisme ? Sont-ils &laquo;&nbsp;dépassés&nbsp;&raquo;&#8216; par le mouvement de masse etc. ?</strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Au départ, ce mouvement a été lancé par des activistes à sensibilité d&#8217;extrême-gauche. Ceci est incontestable. Mais le fait qu&#8217;ils ne trouvent pas un écho sur des couches populaires élargies est un véritable problème. Les préjugés sur l&#8217;extrême-gauche existent toujours en Turquie et les méfiances parmi ces groupes ne facilitent pas la tâche. Ils sont encore qualifiés de &laquo;&nbsp;marginal&nbsp;&raquo;, le gouvernement n&#8217;hésite pas à utiliser le terme &laquo;&nbsp;illégal&nbsp;&raquo; alors que nombreux groupes d&#8217;extrême-gauche ont un statut juridique légal.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">A l&#8217;heure actuelle ils sont un peu dépassé par le mouvement de masse. La position réticente du mouvement kurde et de son parti ne facilite pas non plus à faire passer le message (<strong>*</strong>). Une autre faiblesse est également la position des syndicats qui n&#8217;est pas suffisamment puissante. Ils n&#8217;ont pas encore su se joindre en masse à ce mouvement, malgré l&#8217;appel à plusieurs journées de grève générale. C&#8217;est une erreur fatale dans la mesure où l&#8217;unification des jeunes et des ouvriers pourrait avoir un impact davantage important sur le gouvernement et sur l&#8217;avenir de la Turquie.</p>
<address style="text-align: justify;">(<strong>*</strong>) <span style="text-decoration: underline;">Note de GEL</span> : Quand je parle de la réticence du mouvement kurde, je parle de leur position dans cette résistance Gezi en raison de leur processus de négociation de paix avec le gouvernement.</address>
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		<title>L&#8217;incontournable question du pouvoir</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2012 13:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Prolétariat]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>

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		<description><![CDATA[En Tunisie, en Grèce, en Espagne, même aux Etats-Unis et dans bien d&#8217;autres pays – y compris en France – s&#8217;exprime une aspiration démocratique à s&#8217;affranchir du joug de l&#8217;exploitation, de l&#8217;oppression et de l&#8217;aliénation. Cette aspiration connaît – et &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/lincontournable-question-du-pouvoir/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_135" class="wp-caption alignleft" style="width: 335px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/04/2-mains.bmp"><img class=" wp-image-135" title="unité ouvrière" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/04/2-mains.bmp" alt="unité ouvrière" width="325" height="103" /></a><p class="wp-caption-text">Les mauvais jours finiront</p></div>
<p>En Tunisie, en Grèce, en Espagne, même aux Etats-Unis et dans bien d&#8217;autres pays – y compris en France – s&#8217;exprime une aspiration démocratique à s&#8217;affranchir du joug de l&#8217;exploitation, de l&#8217;oppression et de l&#8217;aliénation. Cette aspiration connaît – et connaîtra – des hauts et des bas, des succès et des revers. Mais l&#8217;essentiel réside dans le fait qu&#8217;elle agit, donc qu&#8217;elle existe. Elle est en passe de conquérir une légitimité sociale et politique. Dans les pays de vieille tradition électorale, tant que les opprimés s&#8217;exprimeront dans le cadre institutionnel fixé par le système, la réponse électorale apparaîtra comme la continuité de l&#8217;état d&#8217;esprit des masses, de leurs luttes quotidiennes.</p>
<p>Cette aspiration se heurtera aux dures lois du capitalisme (non votées par le Parlement de la République) tant que ne sera pas posée la question de la lutte politique pour le socialisme. En France, force est de constater que les organisations qui se fixent comme objectif de donner un contenu politique à cette aspiration passent à côté de cette question.</p>
<p>Le programme du Front de gauche (FDG) affiche sa «<em> volonté inflexible de résister à la finance</em> » (page 11) mais celle-ci se fracasse sur la position concernant la dette dite publique : « <em>Nous agirons pour le réaménagement négocié des dettes publiques, l&#8217;échelonnement des remboursements, la baisse des taux d&#8217;intérêts les concernant et leur annulation partielle</em> » (page 70). En réalité, le FDG limite volontairement ses ambitions à «<em> un gouvernement de gauche</em> [qui] <em>fasse du bon travail et <span style="text-decoration: underline;">ouvre une issue à la crise</span></em> [souligné par nous] » (page 11). Ce qui place la barre en deçà du Programme commun de la gauche de 1972, alors que le modèle de Jean-Luc Mélenchon reste un certain François Mitterrand. En effet, dans le préambule de ce programme on lisait que le PS et le PCF «<em> affirment ensemble leur volonté de mettre fin aux injustices et aux incohérences du régime actuel </em>» ce qui correspond à la logique des organisations composant le FDG. Mais le programme de 1972 présentait cet objectif comme une étape préalable «<strong><em> pour ouvrir la voie au socialisme</em></strong> » (1) Ce qui n&#8217;est pas le cas du FDG quarante plus tard.</p>
<p>Pour sa part la direction du NPA cantonne la campagne Poutou à : « <em>faire entendre le mécontentement du monde du travail, de la jeunesse, ouvrir une perspective hors des alliances parlementaires et gouvernementales, défendre un bouclier social face à la crise, redonner confiance en combinant démarches unitaires et indépendance politique. Nous voulons convaincre un maximum de gens que la solution réside dans la nécessité de construire les mobilisations pour résister à toutes les politiques d&#8217;austérité quel que soit le résultat des élections.</em> » (2) Pour Lutte ouvrière, les travailleurs étant toujours démoralisés, la question ne se pose même pas.</p>
<p>Il est vrai qu&#8217;une campagne électorale n&#8217;a pas pour objectif de présenter le programme achevé pour la révolution prolétarienne à supposer qu&#8217;un tel programme existe. Mais, une campagne électorale s&#8217;interdit de générer des illusions, elle soulève l&#8217;enjeu effectif du moment considéré de la lutte des classes. Cet enjeu réside dans l&#8217;état de crise. Il ne s&#8217;agit ni d&#8217;une crise économique de plus, quoique plus grave que les précédentes, ni d&#8217;une crise politique de plus. Il s&#8217;agit d&#8217;une crise systémique. Et l&#8217;Union européenne est devenu le maillon faible de la chaîne impérialiste en crise.</p>
<p>L&#8217;offensive libérale depuis le coup d&#8217;Etat de Pinochet – en passant par la restauration du capitalisme en URSS – a ravagé la planète. Toutes les résistances se sont partout heurtées à l&#8217;inflexibilité du système, à la propagande de l&#8217;impossibilité de faire autrement. On ne peut pas y faire face avec des mesures qui laissent intactes les rouages du système capitaliste. On ne peut y faire face en se limitant à voter ou à défiler plusieurs fois par an. On ne peut pas y faire face en résistant à l&#8217;austérité permanente et à la tentation de l&#8217;autoritarisme politique qui commence par changer les gouvernements grec et italien en bafouant le suffrage universel.</p>
<p>La bourgeoisie forme un système centralisé d&#8217;une part comme « <em>puissance sociale</em> » (3) et d&#8217;autre part dans le cadre de l&#8217;Etat autrement dit « <em>le pouvoir politique</em> » qui « <em>est précisément le résumé officiel de l&#8217;antagonisme dans la société civile </em>» (4). Ce qui implique un long et patient travail politique pour démonter pierre par pierre les stratégies que la bourgeoisie met en action, pour démystifier l&#8217;authentique pouvoir (celui de la classe dominante) et pour désacraliser le système, c&#8217;est-à-dire en finir avec la thèse officielle qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;autre choix. L&#8217;heure n&#8217;est plus à vouloir humaniser le capitalisme. L&#8217;heure n&#8217;est pas à attendre la prochaine agression pour y résister. Pour les exploités, l&#8217;heure est à inventer un projet alternatif pas pour un lointain futur mais pour ici et maintenant.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></p>
<h4>1.- Editions sociales, page 49.<br />
2.- Résolution adoptée le 25 mars 2012.<br />
3.- Marx et Engels, <em>Le Manifeste du parti communiste</em>. Editions sociales, 1961, page 28.<br />
4.- Marx, <em>Misère de la philosophie</em>, La Pléiade, Oeuvres économiques I, page 136.</h4>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Capital contre Démocratie</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Jan 2012 17:39:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Prolétariat]]></category>

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		<description><![CDATA[Première mise en ligne le 14 novembre 2011 sur http://promcomm.wordpress.com La crise qui secoue, depuis 2008, le capitalisme mondial provoque de violentes secousses dans l&#8217;Union européenne et plus particulièrement dans la zone euro. Sur fond de profonde et durable crise &#8230; <a href="http://www.promethee-1871.com/capital-contre-democratie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/01/marx.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-36" title="marx" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/01/marx-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Première mise en ligne le 14 novembre 2011 sur<a href="http://promcomm.wordpress.com" target="_blank"> http://promcomm.wordpress.com</a></address>
<p>La crise qui secoue, depuis 2008, le capitalisme mondial provoque de violentes secousses dans l&#8217;Union européenne et plus particulièrement dans la zone euro. Sur fond de profonde et durable crise économique systémique perce une tout aussi profonde crise politique. De sommets européens en G20, de réunions en conciliabules du directoire germano-français, les gouvernements affichent le marasme dans lequel ils évoluent avec l&#8217;unique objectif d&#8217;être les meilleurs serviteurs possibles de leur Maître : le Capital que les médias domestiqués s&#8217;obstinent à appeler les marchés financiers.</p>
<p>Cette situation illustre à merveille que « <em>le gouvernement moderne n&#8217;est qu&#8217;un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière. </em>» [1] Comme de quelconques actionnaires mécontents qui virent les membres du Conseil d&#8217;administration d&#8217;une entreprise, les fantomatiques marchés financiers virent les gouvernements dans lesquels ils n&#8217;ont plus confiance. La mesure de cette confiance est déterminée « scientifiquement » par les agences de notation. Malheur à celui qui est rétrogradé !</p>
<p>C&#8217;est ce que viennent de subir en quelques semaines la Grèce et l&#8217;Italie. Pour qu&#8217;il n&#8217;y ait aucune ambiguïté sur ce qui va suivre : à Prométhée nous n&#8217;avons aucune sympathie pour le social-libéral Papandreou ou pour le réactionnaire Berlusconi. Mais force est de constater que le renversement de deux gouvernements issus du suffrage universel porte un nom : il s&#8217;agit de coups d’État. Ces derniers ont été pilotés par Angela Merkel et son second Nicolas  Sarkozy, ressuscitant ainsi la théorie de la souveraineté limitée de Leonid Brejnev en 1968..</p>
<p>La démocratie, même formelle, devient un obstacle à la volonté supérieure du capitalisme. Cette volonté est renforcée par la peur de la mobilisation des masses populaires qui sont contraintes au sacrifice pour que vive le veau d&#8217;or du capital. Qu&#8217;on se souvienne de l&#8217;angoisse qui a envahi le maître et ses principaux serviteurs à la seule annonce d&#8217;un possible référendum en Grèce.</p>
<p>La réaction ne s&#8217;est pas fait attendre trop longtemps : il faut remplacer les gouvernements incapables de maîtriser la classe ouvrière par des gouvernements dits &laquo;&nbsp;techniques&nbsp;&raquo; et si possible d&#8217;union nationale. La crise dans la zone euro est si profonde que les bourgeoisies retrouvent les accents de&#8230; 1914.</p>
<p>Les nouveaux chefs de gouvernements ont prouvé dans le passé qu&#8217;ils avaient une réelle expertise se situant au dessus des choix politiques partisans. Mario Monti, en Italie, fut de 1995 à 2004 commissaire européen à la concurrence et au marché intérieur. Cerise sur le gâteau il a exercé son expertise auprès de la banque Goldman Sachs.</p>
<p>Loukas Papademos, en Grèce – avant d’œuvrer comme vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) – fut de 1994 à 2002 gouverneur de la Banque de Grèce, à l&#8217;époque où la Grèce préparait le passage à l&#8217;euro avec l&#8217;aide d&#8217;un expert de Goldman Sachs (encore !), un dénommé Mario Draghi, aujourd&#8217;hui président de la BCE. Voilà ce qui se cache sous l&#8217;appellation « gouvernement technique » : c&#8217;est les pleins pouvoirs au capitalisme financier. Autrement dit : donner les clés de la caserne de pompiers aux pyromanes !</p>
<p>L&#8217;autre aspect de l&#8217;histoire qui s&#8217;écrit en Europe porte le nom d&#8217;union nationale. La situation est si grave qu&#8217;il faut impliquer le maximum possible de partis. Et cette union nationale n&#8217;a pas de limites, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Ainsi en Grèce le LAOS, parti nostalgique de la dictature des colonels vient d&#8217;entrer au gouvernement. Pour ceux qui ne comprendraient pas très bien le sens d&#8217;un tel gouvernement, il faut imaginer, en France, un gouvernement qui irait du PS au FN en passant par le centre et l&#8217;UMP.</p>
<p>Pour le capital tout doit être mis en œuvre pour que la classe ouvrière renonce, si possible en faisant sienne l&#8217;objectivité des sacrifices. Pas si sûr qu&#8217;il y parvienne !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></p>
<h5>1.- Marx &amp; Engels, <em>Le Manifeste de parti communiste</em>.</h5>
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