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	<title>Prométhée - Tribune Communiste &#187; autoritarisme</title>
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	<description>Un spectre hante l&#039;Europe, le spectre du communisme (Marx &#38; Engels)</description>
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		<title>Un front démocratique et social pour combattre le néo-libéralisme autoritaire</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Aug 2017 12:19:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_607" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2017/08/pouv68.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-607" title="pouvoir" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2017/08/pouv68-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Nous ne sommes rien, soyons tout</p></div>
<p>Avec l&#8217;élection de Macron, il est grand temps de prendre en compte le néo-libéralisme et sa version autoritaire qu&#8217;affiche sans complexe le prince-président. Certes le capitalisme demeure le capitalisme tant que le prolétariat n&#8217;aura pas réalisé « <em>la conquête de la démocratie</em> » pour utiliser « <em>sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie</em> » selon les propos de Marx et Engels dans <em>le Manifeste communiste</em>. Mais ce serait une grave erreur de ne pas analyser et ni d&#8217;expliquer le fonctionnement du capitalisme dans la période actuelle.<span id="more-606"></span></p>
<p>Le néo-libéralisme, ou plus exactement l&#8217;ordo-libéralisme, est né en Allemagne, dans le cadre de l’École de Friburg, en réaction aux effets dramatiques pour la stabilité du pouvoir de la bourgeoisie du libéralisme classique lors de la crise de 1929. L&#8217;ordo-libéralisme repose sur cinq piliers : la propriété privée des moyens de production – seul droit fondamental, la stabilité monétaire, la concurrence libre et non faussée soit deux des bases essentielles des traités de l&#8217;Union européenne depuis 1957, l&#8217;ordre social cogéré par les partenaires sociaux dont le degré de liberté pour l&#8217;acteur salarial est contraint par les normes indépassables du système et enfin l&#8217;autonomie de l&#8217;entreprise qui constitue l&#8217;unique lieu où se tranche les relations entre exploiteurs et exploitéEs.</p>
<p>Sur le plan politique, c&#8217;est la mort de la démocratie bourgeoise classique. Ce qui devrait conduire à cesser de cultiver des illusions dans la possibilité d&#8217;entreprendre la transformation révolutionnaire de la société dans les limites du cadre institutionnel. Ceci n&#8217;est pas une nouveauté, Walter Eucken, l&#8217;un des pères fondateurs de l&#8217;ordo-libéralisme, se prononçait pour un État fort : « <em>L’État doit consciemment construire les structures, le cadre institutionnel, l&#8217;ordre dans lequel l&#8217;économie fonctionne. Mais il ne doit pas diriger le processus économique lui-même.</em> » Soit le réel programme de Macron, celui dont ces prédécesseurs ont jeté les bases sans pouvoir ou vouloir aller à la racine de cette orientation. Même si pour l&#8217;ensemble du personnel politique de la bourgeoisie le modèle de l&#8217;économie sociale de marché échappe au débat démocratique ordinaire. La Grèce en a été l&#8217;une des preuves la plus probante.</p>
<p>L&#8217;un des résultats de ces choix idéologiques est la déprolétarisation du prolétariat : éclatement des grandes unités de production, destruction des collectifs de travail dans l&#8217;entreprise, développement de l&#8217;intérim, des contrats précaires, et l&#8217;auto-entrepreunariat, persistance du chômage, exacerbation de la concurrence entre salariéEs de tous les pays, destruction des liens de solidarité (Sécurité sociale, code du travail), culte de l&#8217;individualisme, culte de celui qui réussit.</p>
<p>Un autre résultat est la fin du compromis historique entre l’État bourgeois et les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier. Est terminée cette phase dans laquelle pour ne pas tout perdre la bourgeoisie a accepté un compromis social. L&#8217;hégémonie de la bourgeoisie s&#8217;accompagnait d&#8217;une dimension sociale, globale pour la société plus ou moins représenté dans les fonctions de l’État, par les mécanismes de redistribution et de protection sociale. Cela instaurait un cadre idéologique de “progrès” sur lequel prospéraient d&#8217;une part le réformisme et sa pratique de la collaboration de classes et d&#8217;autre part le productivisme et son ignorance de la nature et de l&#8217;environnement.</p>
<p>L&#8217;offensive néo-libérale est mondiale, elle a accentué le développement capitaliste productiviste, en accélérant une crise écologique globale dans laquelle l’humanité est en train de s’enfoncer. Nous atteignons un point crucial dans l’histoire du monde, celui où le capitalisme atteint ses limites. Se dessine la convergence, voire la fusion des effets économiques et sociaux d’une crise économique prolongée avec les effets, de dimensions prodigieuses, de la crise écologique en particulier du changement climatique.</p>
<p>Les préoccupations immédiates de celles et ceux d&#8217;en bas ne se résument pas aux conditions de travail et aux salaires. C’est aussi, entre autres, la liberté de circulation, l’accès à un logement, l&#8217;accès à l&#8217;éducation, l’accès au système de santé et de prise en charge des soins aux enfants, aux personnes âgées et/ou dépendantes, se protéger contre la violence policière, une terre cultivable, un environnement non pollué, une citoyenneté pleine et entière quels que soient sa culture, son origine, son genre, son orientation sexuelle… Se pose donc centralement la question de faire se rencontrer les identités multiples pour que se constitue l&#8217;unité du prolétariat autour d&#8217;un projet commun, global et émancipateur.</p>
<p>Les mobilisations spécifiques, fussent-elles puissantes, ne créent pas par elles-mêmes une réponse politique porteuse d&#8217;une alternative au capitalisme. De même, l’illégitimité démocratique de Macron, sa faible base sociale (numériquement parlant, mais puissante politiquement parlant) et sa chute dans les sondages n&#8217;impliquent pas automatiquement une riposte d&#8217;ensemble. Également, s&#8217;en tenir à un discours simplement défensif ou dénonciateur ou se limiter à réagir à telle ou telle mesure présidentielle : tout cela est, certes nécessaire, mais largement insuffisant. Pour construire du commun, il faut être capable insuffler un esprit combatif, un esprit qui permette aux couches sociales exploitées et opprimées de se libérer de l&#8217;idéologie dominante et de se forger leur propre vision de la société.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que se pose la question de l&#8217;unité du prolétariat qui s&#8217;articule autour de la résistance à la politique présidentielle et de l&#8217;organisation démocratique de cette résistance. Nous devons confisquer à ces quelques dizaines de milliers de profiteurs le contrôle de la société et de nos vies. A tous les niveaux nous devons nous approprier l&#8217;espace public, créer nos outils de décision et de contrôle populaire. C&#8217;est à nous de décider des choix qui nous concernent, cela passe par des réseaux de solidarité capables de renforcer les résistances, de générer des institutions autonomes et de contrecarrer les assauts de l&#8217;ordre néo-libéral.</p>
<p>En conclusion, cela signifie la construction de l&#8217;expression politique indépendante de toutes les victimes de la dictature du capital et l&#8217;émergence d&#8217;un espace politique commun à tous les mouvements d&#8217;émancipation synthétisant leurs combats.</p>
<p style="text-align: right;"> <em><strong><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Émile Fabrol</span></span></strong></em></p>
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		<title>Les excès de Madame Morano</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Oct 2013 17:11:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 14 octobre, sur le plateau de l&#8217;émission d&#8217;Yves Calvi (France 2), Nadine Morano, éminente dirigeante de l&#8217;UMP (Union pour un Mouvement « Populaire ») affirme qu&#8217;il existe des quartiers de « Non France » sans qu&#8217;aucun des participants ne s&#8217;étranglent. Deviendrait-il banal dans &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/les-exces-de-madame-morano/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/10/danger.jpeg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-324" title="danger prométhée" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/10/danger-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Le 14 octobre, sur le plateau de l&#8217;émission d&#8217;Yves Calvi (France 2), Nadine Morano, éminente dirigeante de l&#8217;UMP (Union pour un Mouvement « Populaire ») affirme qu&#8217;il existe des quartiers de « <em>Non France</em> » sans qu&#8217;aucun des participants ne s&#8217;étranglent. Deviendrait-il banal dans le pays des Lumières d&#8217;afficher des opinions cultivant le pire chauvinisme aux conséquences incalculables ?</p>
<p style="text-align: justify;">Après le discours de Dakar, où Nicolas Sarkozy considérait que les Africains n&#8217;étaient pas entrés dans l&#8217;histoire (bref qu&#8217;ils étaient encore des êtres pré-historiques), après la nauséabonde campagne sur l&#8217;identité nationale, après le pseudo historien Lorànt Deutsch décrivant des hordes de Mauresques envahissant la France chrétienne, voilà Nadine Morano qui laisse entendre que ces derniers occupent des zones du pays. Nous sommes aux antipodes de la réalité historique et de l&#8217;actuelle, mais qu&#8217;importent les faits, seuls comptent les effets.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte il existent des honnêtes gens pour s&#8217;étonner, voire s&#8217;inquiéter, de la polarisation de la vie politique officielle par le FN. Trente années d&#8217;alternance gauche-droite, deux périodes de cohabitation harmonieuse et une continuité politique : servir le Capital ! Voilà le terreau sur lequel prospère l&#8217;extrême-droite.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le moment, sous la houlette du Président Hollande, le tandem PS-EELV maîtrise la situation et – grâce à la complicité des directions syndicales se vautrant dans le « dialogue social » – contient le mécontentement de la masse exploitée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;en sera peut-être pas toujours ainsi. Si les groupements traditionnels du mouvement ouvrier sont passés maîtres dans l&#8217;organisation des processions de rues sans objectif véritable, le sport favori de la classe dominante c&#8217;est les échecs. Et elle a toujours un coup d&#8217;avance. C&#8217;est ainsi que la direction du FN réussit à masquer sa véritable nature et que de nombreux chefs de l&#8217;UMP se radicalisent dans le cas où la bourgeoisie française éprouverait le besoin d&#8217;avoir recours à un régime autoritaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La peur n&#8217;évite pas le danger. Ménager le Président Hollande et les partis de son gouvernement ou pire passer des accords avec ceux-ci dès le premier tour des prochaines municipales encore moins. Les victimes du Capital devront trouver en elles-mêmes les moyens de se constituer en classe ouvrière, c&#8217;est-à-dire en classe révolutionnaire. Cela passe par une indépendance politique et une opposition frontale au système de production capitaliste et à tous ses serviteurs.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></p>
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		<title>Le gouvernement grec ferme la télévision publique</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Jun 2013 21:02:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>
		<category><![CDATA[politique gouvernementale]]></category>

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		<description><![CDATA[Une censure sans précédent en Grèce. La coalition gouvernementale vient d&#8217;annoncer il y a quelques heures que les trois chaînes de TV d’État ERT (ET1, NET et ET3) cesseront immédiatement la transmission ce soir et que la totalité des 2 656 &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/le-gouvernement-grec-ferme-la-telecision-publique/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Une censure sans précédent en Grèce. La coalition gouvernementale vient d&#8217;annoncer il y a quelques heures que les trois chaînes de TV d’État ERT (ET1, NET et ET3) cesseront immédiatement la transmission ce soir et que la totalité des 2 656 employés seront licenciés.</p>
<h3>LES TRAVAILLEURS S&#8217;UNISSENT ET OCCUPENT LA STATION TV NATIONALE GRECQUE</h3>
<p style="text-align: justify;">Des centaines de citoyens, membres des partis de gauche et des syndicats, sont déjà devant le siège de ERT pour se joindre aux employés qui occupent l&#8217;immeuble. Les journalistes sont dans les studios et diffusent de manière continue les dernières informations, beaucoup d&#8217;entre eux les larmes aux yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">La Grèce n&#8217;a connu une situation similaire que lors de la période de la dictature des colonels (1967-74)</p>
<p style="text-align: right;"><strong> SVP PARTAGEZ CETTE INFO</strong></p>
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		<title>La face cachée du TSCG</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Sep 2012 22:27:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[austérité]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[« Le capitalisme ne peut pas s&#8217;effondrer, c&#8217;est l&#8217;état naturel de la société. La démocratie n&#8217;est pas l&#8217;état naturel de la société. Le marché, oui. » Alain Minc [1] « Faut que ça saigne » chantait Boris Vian dans Les Joyeux Bouchers, tel est &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/la-face-cachee-du-tscg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;">« <em>Le capitalisme ne peut pas s&#8217;effondrer, c&#8217;est l&#8217;état naturel de la société. La démocratie n&#8217;est pas l&#8217;état naturel de la société. Le marché, oui</em>. »<br />
Alain Minc [1]</p>
<div id="attachment_126" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/04/Kapital.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-126" title="vive la crise !" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/04/Kapital-150x150.jpg" alt="vive la crise !" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">ce n&#39;est pas la crise pour tout le monde !</p></div>
<p>« <em>Faut que ça saigne</em> » chantait Boris Vian dans Les Joyeux Bouchers, tel est la devise des bourgeoisies européennes aux prises avec une crise majeure de leur système. Cette crise doit être payée par les exploités tant sur le plan économique que sur le plan politique. Voilà pourquoi s&#8217;installe une austérité permanente et une tendance nette à l&#8217;autoritarisme. Les travailleurs grecs ont inauguré cette politique avec des plans d&#8217;austérité à répétition qui aggravent toujours plus leurs conditions d&#8217;existence et avec le limogeage du gouvernement Papandreou décidé par le duo de choc Merkel-Sarkozy.</p>
<p>Un constat s&#8217;impose : tant que le prolétariat ne sera pas écrasé la bourgeoisie sait qu&#8217;elle n&#8217;a pas gagné.</p>
<p>Le nouveau traité européen que la majorité du PS et l&#8217;ensemble de la droite parlementaire se préparent à ratifier dans un touchant concert, dit traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), condense tous les enjeux de la lutte des classes en Europe. Les mots clés de ce traité sont « stabilité » et « gouvernance ».</p>
<p><span id="more-194"></span></p>
<h3> La quête de la stabilité</h3>
<p>La recherche de la stabilité, présentée sous ses aspects budgétaires, hante les bourgeoisies membres de l&#8217;Union européenne depuis des lustres. Le traité de Maastricht, en 1992, l&#8217;explicitait clairement, reprenant, en fait, le traité de Rome de 1957. Ce dernier instaurait un « <em>marché commun</em> » ou «<em> la concurrence n&#8217;est pas faussée</em> » [2]. Depuis les origines, ce que l&#8217;on appelle abusivement « l&#8217;Europe » cherche à se prémunir des mauvaises intentions que le prolétariat pourrait tôt ou tard nourrir à l&#8217;encontre du capitalisme. Et pour cela, la discipline budgétaire semble un argument idéologiquement convaincant. Rappelons que quand on nous parle de dépenses publiques il faut entendre la somme des budgets de l&#8217;État, des collectivités territoriales et de la&#8230; Sécurité sociale. Pour prendre un exemple parlant : combien de contre-réformes des retraites ont été imposées au nom de la discipline budgétaire ?</p>
<p>L&#8217;article 104-C du traité de Maastricht indique que « <em>les États membres évitent les déficits excessif</em>s » et que «<em> la Commission examine notamment si la discipline budgétaire a été respectée</em> ». La pacte de stabilité de 1997 – que Lionel Jospin a avalisé contre une simple déclaration sur l&#8217;emploi alors qu&#8217;il s&#8217;était engagé à le renégocier – ajoute l&#8217;obligation pour les États membres de notifier à la Commission le niveau de déficit et de dette ainsi que le programme pour les résorber. Aujourd&#8217;hui, le TSCG fait de l&#8217;équilibre budgétaire la règle et des déficits l&#8217;exception. Il est toléré un déficit de 0,5% du PIB.</p>
<p>A titre d&#8217;exemple, pour la France, selon la Cour des comptes, en 2010 le déficit était de 5% soit environ 97 milliards d&#8217;euros. Le ramener à 0,5% équivaut à trouver la bagatelle de 87 milliards d&#8217;euros. Le projet de budget pour 2013 en dégage 30 milliards et fixe l&#8217;objectif du TSCG – non encore ratifié – pour 2015. Cela donne une petite idée des futurs sacrifices qu&#8217;entraînera la machine infernale que François Hollande vient de mettre en branle.</p>
<p>Si un État membre n&#8217;est pas dans les clous, le traité de Maastricht prévoyait une longue séquence de rapport de la Commission, de recommandations du Conseil des chefs d&#8217;États et de gouvernements et en dernier recours des amendes. L&#8217;expérience a montré que tout cela n&#8217;a pas vraiment fonctionné en particulier pour la France et l&#8217;Allemagne. Par contre pour la Grèce, l&#8217;Italie ou encore l&#8217;Espagne les obligations doivent être remplies. Si l&#8217;on prend le cas de la France, le gouvernement de Lionel Jospin avait laissé un déficit public dans la norme fatidique des 3%, durant dix ans – et surtout sous le règne de Nicolas Sarkozy – le déficit et la dette ont explosé. Désormais, le TSCG prévoit des sanctions automatiques. Fini le laxisme !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Le TSCG introduit deux nouveautés </span>:</p>
<ol>
<li>Pour que les sanctions ne s&#8217;appliquent pas il faut une majorité qualifiée du Conseil qui se prononce contre. Depuis le traité de Maastricht c&#8217;est l&#8217;inverse (une majorité qualifiée qui se prononce en faveur des sanctions).</li>
<li>Un État membre peut porter plainte contre un autre devant la Cour de justice européenne. La décision de cette dernière est contraignante.</li>
</ol>
<p>Le recours à la Cour de justice n&#8217;a rien de nouveau. Il s&#8217;agit d&#8217;une extension du rôle de cette dernière. Selon l&#8217;article 177 du traité de Maastricht elle dispose de la capacité d&#8217;interprétation des traités et de validation des actes des institutions de l&#8217;Union européenne. L&#8217;article 171 du dit traité lui accorde le droit de sanctionner tout État membre qui manquerait «<em> à une obligation qui lui incombe en vertu du présent traité</em>. » L’État en question n&#8217;a pas d&#8217;autre choix que de s&#8217;exécuter. En réalité ces disposition découlent de la jurisprudence de cette même Cour. L&#8217;arrêt Costa stipule que le «<em> droit né du traité ne pouvait donc, en raison de son contenu spécifique original, se voir juridiquement opposer un texte interne </em>[à un État]<em> quel qu&#8217;il soit</em>. » Cet arrêt date du 15 juillet&#8230; 1964.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, le TSCG se contente – si l&#8217;on peut dire – d&#8217;approfondir la tendance lourde au gouvernement des juges et des experts.</p>
<h3>La gouvernance contre la démocratie</h3>
<p>Dans la démocratie classique il existe une forme plus ou moins effective de séparation des pouvoirs. Ces pouvoirs sont identifiables et par voie de conséquence contestables. Pour le capital ce principe est de plus en plus pervers. C&#8217;est ainsi que naquit la « gouvernance ». Tout le monde en parle, mais pas grand monde est capable d&#8217;en donner une définition compréhensible. Dans leur livre <em>La Ville européenne comme société et acteur</em>, Arnaldo Bagnasco et Patrick Le Galés présentent ainsi la gouvernance : « <em>un processus de coordination d&#8217;acteurs, de groupes sociaux, d&#8217;institutions pour atteindre des buts propres discutés et définis collectivement dans des environnements fragmentés et incertains</em>. »</p>
<p>Conclusion. Plus de classes sociales antagonistes, il n&#8217;existe que des partenaires qui agissent dans le cadre de valeurs communes. Il s&#8217;agit des normes établies par les traités de l&#8217;Union européenne et par la jurisprudence de la Cour de justice. Au passage cela implique l&#8217;intégration des organisations syndicales et le généralisation du « dialogue social ». L’État, autrement dit « <em>le pouvoir politique</em> » n&#8217;est plus « <em>le résumé officiel de l&#8217;antagonisme dans la société civile</em> » comme le caractérisait Karl Marx dans <em>Misère de la philosophie</em> [3].</p>
<p>En somme, si ça marche, le capital aura atteint son objectif ! Son objectif : interdire toute possibilité d&#8217;alternative politique et ne permettre qu&#8217;une simple alternance gouvernementale. Comme Lionel Jospin en 1997, François Hollande s&#8217;inscrit idéologiquement dans cette démarche que le très libéral Alain Madelin qualifiait, en 1992, «<em> d&#8217;assurance vie contre le socialisme </em>».</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></p>
<p>1.- <em>Le Monde</em> du 17 décembre 1994.<br />
2.- Dans les articles 2 et 3.<br />
3.- <em>La Pléiade</em>, Œuvres économiques I, page 136.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Austérité permanente et Régime autoritaire</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 11:30:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[austérité]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>

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		<description><![CDATA[« Pour supprimer l&#8217;idée de la propriété privée, l&#8217;idée du communisme suffit entièrement. Pour supprimer la propriété privée réelle, il faut une action communiste réelle. » Karl Marx (1) Commençons par tordre le cou à la dernière trouvaille du Président-candidat pour sauver &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/austerite-permanente-et-regime-autoritaire/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>« Pour supprimer l&#8217;idée de la propriété privée, l&#8217;idée du communisme suffit entièrement. Pour supprimer la propriété privée réelle, il faut une action communiste réelle. »<strong> </strong></address>
<address><strong>Karl Marx</strong> (1)</address>
<p><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/02/manif.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-115" title="Dégager Sarkozy" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/02/manif-150x150.jpg" alt="Dégager Sarkozy - Prométhée Club Marxiste" width="150" height="150" /></a>Commençons par tordre le cou à la dernière trouvaille du Président-candidat pour sauver le pays (après avoir déjà sauvé le monde). Le mal dont souffre le pays serait le « <em>coût du travail</em> ». On pourrait lui rétorquer simplement que les causes de ce mal résident plutôt dans le coût du capital qui parasite l&#8217;activité des travailleurs-producteurs. Les propositions de Nicolas Sarkozy sont une offensive généralisée contre le monde du travail. Cette offensive, après deux plans successifs de rigueur de 2011, passe par une étape décisive dans le processus d&#8217;étatisation-privatisation de la Sécurité sociale avec le transfert d&#8217;une partie des cotisations vers la TVA, cet impôt indirect, réputé indolore et surtout injuste. Cette offensive se poursuit par le projet dit «<em> compétitivité emploi</em> » qui n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;un grand pas en direction de la liquidation du droit du travail. C&#8217;est exactement ce que dit le Président au<em> Figaro magazine</em> du 11 février : «<em> si dans l&#8217;entreprise, les salariés et le chef d&#8217;entreprise se mettent d&#8217;accord sur l&#8217;emploi, le salaire et la flexibilité, alors leur accord aura autorité sur la loi et primera sur le contrat de travail individuel</em>. » Et pourtant son principal conseiller, Henri Guaino, l&#8217;avait prévenu : «<em> lorsque l&#8217;équilibre du marché du travail ne garantit plus l&#8217;équilibre des forces dans la négociation, la loi du contrat devient fatalement la loi du plus fort</em> », c&#8217;est-à-dire du patronat. Il est vrai que c&#8217;était en&#8230; 2004 (2). Tout salarié sait qu&#8217;il n&#8217;est pas sur un pied d&#8217;égalité avec son patron, c&#8217;est pour cela que les travailleurs se sont regroupés en syndicats pour tenter d&#8217;imposer des conventions collectives ou des statuts à leur employeur privé ou public.</p>
<p><span id="more-114"></span></p>
<h2>Une pure logique capitaliste</h2>
<p>Il n&#8217;y a rien de neuf dans la nouvelle croisade présidentielle contre le «<em> coût du travai</em>l ». C&#8217;est de la pure logique capitaliste, dont les combats du passé étaient parvenus à limiter les dégâts. Aujourd&#8217;hui, la crise du capitalisme est telle que ses serviteurs politiques en reviennent aux fondamentaux qu&#8217;ils nous présentent comme du simple «<em> bon sens</em> ». Et, à moins d&#8217;être des demeurés, nous devrions nous incliner.</p>
<p>Déjà dans le <em>Capital</em>, Karl Marx décrit les véritables aspirations des capitalistes en partant du processus de mondialisation, cette «<em> concurrence cosmopolite dans laquelle le développement capitaliste a jeté tous les travailleurs du globe</em> ». Il écrit : « <em>Il ne s&#8217;agit plus seulement de réduire les salaires anglais au niveau de ceux de l&#8217;Europe continentale, mais de faire descendre, dans un avenir plus ou moins prochain, le niveau européen au niveau chinois. Voilà la perspective que M Stapleton, membre du Parlement anglais, est venu dévoiler à ses électeurs dans une adresse sur le prix du travail dans l&#8217;avenir</em> :&nbsp;&raquo;Si la Chine, dit-il, devient un grand pays manufacturier, je ne vois pas comment la population industrielle de l&#8217;Europe saurait soutenir la lutte sans descendre au niveau de ses concurrents&nbsp;&raquo;. » (3)</p>
<p>A l&#8217;époque de Marx les serviteurs du capital étaient finalement plus francs que les actuels. Mais la logique de l&#8217;assassinat du peuple grec et qui s&#8217;étend peu à peu à l&#8217;ensemble des pays de l&#8217;Union européenne est rigoureusement identique à celle de M Stapleton.</p>
<h2>Quand la Cour des comptes fixe l&#8217;action du gouvernement sorti des urnes</h2>
<p>Avec sa légendaire prudence <em>Le Monde</em> du 9 février titre : «<em> La Cour des comptes préconise une véritable cure d&#8217;austérité</em> ». C&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire à la lecture du rapport remis le 7 février au Président de la République par Didier Migaud le très socialiste président de la Cour des comptes et un des pères fondateurs de la loi d&#8217;orientation des lois de finance. Cette loi fut votée en juin 2001 dans un ensemble touchant des parlementaires de droite et ceux du PS (dont Arnaud Montebourg). Les élus PCF considérant qu&#8217;elle était un « <em>outil de l&#8217;austérité budgétaire</em> » décidèrent de s&#8217;abstenir (solidarité gouvernementale oblige). Quant à Jean-Luc Mélenchon, il était ministre du gouvernement de cohabitation Jospin-Chirac.</p>
<p>Du rapport de la Cour se dégage trois axes principaux. Le premier présente la réduction des dépenses publiques comme le seul et unique levier d&#8217;action « <em>en raison du niveau déjà atteint par les prélèvements obligatoires</em>. » Le deuxième consiste à imposer aux collectivités territoriales un traitement de choc inspiré par la révision générale des politiques publiques. D&#8217;après le principe de «<em> bon sens </em>» il y aurait trop de fonctionnaires. On n&#8217;en est pas encore au licenciement comme en Grèce, ni au non remplacement de deux fonctionnaires sur trois selon le voeu de Laurence Parisot et du MEDEF mais telle est la perspective émise par la Cour des comptes.</p>
<p>Le troisième et dernier axe consiste à ne plus financer à crédit la Sécurité sociale. Exonération et suppression de cotisations, chômage de masse et stagnation des salaires ne seraient donc pas à l&#8217;origine du déficit constaté. Remarquons au passage que le budget de la Sécurité sociale (santé, famille, accidents du travail et retraites) représente 46% des dépenses publiques. Dès lors on comprend mieux l&#8217;acharnement à démanteler cette conquête sociale. Nous sommes bel et bien confronté à une guerre sociale conduite par la bourgeoisie.</p>
<h2>Dans les pas du nouveau traité européen</h2>
<p>La philosophie du rapport de la Cour des comptes est une stricte application des critères du traité de Maastricht lourdement aggravés par le futur traité européen signé par 25 États sur 27. Deux points essentiels se dégagent de ce texte : des budgets normatifs et des sanctions automatiques.</p>
<p>Chaque État sera mis sous surveillance et son déficit budgétaire ne devra pas excéder 0,5% du PIB. Actuellement, c&#8217;est 3%. Quand on prend la mesure de l&#8217;ampleur des politiques d&#8217;austérité en direction exclusive de la population laborieuse, on n&#8217;arrive pas à imaginer les conséquences de la nouvelle règle à moins de faire un cauchemar. Si un État ne parvient pas à respecter la norme, les sanctions – déjà prévues par le traité de Maastricht – seront désormais automatiques. Pire, l&#8217;article 6 prévoit qu&#8217;une : « <em>partie contractante</em> [c'est comme cela maintenant que l'on désigne les États, cette notion relève du droit privé] <em>peut saisir la Cour européenne de justice</em> » à l&#8217;encontre d&#8217;une autre «<em> partie contractante</em> ». Bonjour l&#8217;ambiance chez les bourgeois !</p>
<p>Soyons clairs, il ne s&#8217;agit pas de transferts de souveraineté du niveau étatique à un niveau fédéral qui n&#8217;existe pas (et qui ne peut exister dans le cadre bourgeois). Même les collectivités territoriales en France ont, pour le moment, un degré d&#8217;autonomie plus grand. Il s&#8217;agit de l&#8217;extension du gouvernement des experts et des juges puisqu&#8217;en dernier recours la Cour européenne de justice sera l&#8217;instance qui dira ce que devra être un budget, donc la politique à suivre.</p>
<p>Austérité permanente et régime politique libéré du suffrage universel sont les deux mamelle du destin que les bourgeoisies européennes veulent imposer aux travailleurs du vieux continent. Bref, l&#8217;aventure !</p>
<h2>Nicolas Sarkozy prépare sa succession</h2>
<p>Bis repetita, tel est le suprême espoir de l&#8217;actuel locataire de l&#8217;Elysée. Et si tel n&#8217;était pas le cas au soir du 6 mai, il aura imposé les contre-réformes essentielles à la survie du capitalisme comme celles des retraites, de l&#8217;université, la casse des services publics, etc.</p>
<p>Même si la bourgeoisie n&#8217;est toujours pas pleinement satisfaite, même si elle « <em>n&#8217;a pas encore trouvé une issue politique stable, une issue capable de museler ce peuple qui n&#8217;en finit pas d&#8217;exprimer son rejet de la logique politique depuis presque un quart de siècle</em> » comme nous l&#8217;écrivions en mars 2007 (4), ce quinquennat aura finalement été moins chaotique que le précédent (Chirac). Nicolas Sarkozy peut donc considérer qu&#8217;avoir «<em> pu faire tous ces changements, toutes ces réformes, sans qu&#8217;il y ait eu de blocage est un motif de satisfaction</em>. » (5)</p>
<p>Force est de constater qu&#8217;il a bien été aidé par l&#8217;attitude des directions des grandes centrales syndicales qui n&#8217;ont jamais rompu le « dialogue social » même durant la lutte pour empêcher que l&#8217;âge de départ à la retraite soit porté à 62 ans et ses manifestations rassemblant plusieurs millions de personnes. Vivement le jour où les syndicats cesseront de se laisser enfumer. Vivement le jour où ils prendront conscience qu&#8217;ils « <em>manquent entièrement leur but lorsqu&#8217;ils se bornent à une guerre d&#8217;escarmouches contre les effets du régime existant, au lieu de travailler en même temps à sa transformation et de se servir de leur force organisée comme d&#8217;un levier pour l&#8217;émancipation définitive de la classe travailleuse, c&#8217;est-à-dire pour l&#8217;abolition définitive du salariat</em>. » (6)</p>
<p>Pour revenir à Nicolas Sarkozy – la médaille d&#8217;or de l&#8217;explosion du chômage et de la dette – il affiche, encore une fois, les pires aspects des valeurs traditionalistes de la bourgeoisie française. Celles qui désignent à la vindicte de l&#8217;homme de « <em>bon sens</em> » les gueux, les « assistés », les chômeurs, les immigrés, etc. Celles du colonialisme et de la théorie du choc des civilisations. Les mots clés de son entretien au <em>Figaro magazine</em> sont particulièrement significatifs : travail, responsabilité, autorité, famille et racines chrétiennes de la France. En 2007 l&#8217;homme, qui commença son mandat avec les riches au Fouquet&#8217;s et qui le finit en faisant les poches des pauvres, brandissait une liste semblable quoiqu&#8217;un peu plus longue : morale, récompense, équité, ordre, mérite, responsabilité, travail, famille, nation, honnêteté, autorité et respect.</p>
<p>Afin que le tableau soit complet, Nicolas Sarkozy remet à l&#8217;honneur toutes les traditions du 19e siècle en particulier. D&#8217;une part, les sentiments nationalistes et chauvins avec son slogan « <em>La France forte.</em> » D&#8217;autre part, le référendum – ou plus exactement le plébiscite – à la mode Napoléon III. Incroyable retournement idéologique pour quelqu&#8217;un qui a fait modifier par le Parlement le vote populaire sur le traité constitutionnel européen, ou encore qui a vu rouge lorsque Papandreou a émis le voeu de consulter le peuple grec, ce qui lui a valu d&#8217;être limogé par le directoire Merkel-Sarkozy et remplacé par un gouvernement dit technique confié à un homme de Goldman Sachs.</p>
<p>La première fois l&#8217;histoire bégaie, la seconde fois c&#8217;est une farce; une farce qui peut se transformer en tragédie grecque.</p>
<h2>Il faut que tout cela cesse !</h2>
<p>Le présent est bien sombre et l&#8217;avenir dessiné par la bourgeoisie s&#8217;annonce orageux. Dans cet article nous n&#8217;avons pas évoqué le danger que représentent les partis d&#8217;extrême-droite. Mais il est impératif de bien prendre la mesure de leur développement dans l&#8217;Union européenne, ainsi que de leur présence dans plusieurs gouvernements. En effet, si le mouvement ouvrier ne parvient pas à imposer que la seule sortie de crise effective c&#8217;est la sortie du capitalisme, c&#8217;est-à-dire le socialisme, alors ces partis peuvent apparaître aux yeux des plus exploités comme une solution possible.</p>
<p>Autre aspect, et non des moindres, qui n&#8217;est pas abordé dans cet article mais qui influencera fortement le déroulement des événements. Quels choix fera, dans les prochaines années, la bourgeoisie allemande ? Continuera-t-elle à imposer ses dogmes économiques à l&#8217;Union européenne ? Décidera-t-elle d&#8217;affirmer seule sa suprématie ? Déjà quelques experts bourgeois s&#8217;inquiètent. Pierre-Cyrille Hautcoeur note que la politique d&#8217;Angela Merkel «<em> risque de transformer les Allemands en propriétaires d&#8217;une Europe ravagée par la dépression&#8230; ce qui provoquerait tensions intra-europénnes violentes </em>» (7). Jean-Paul Fitousi ose : « <em>Contre la crise, les politiques européennes doivent relancer la demande. Ne cédons pas aux sirènes de l&#8217;austérité destructrices de capital humain</em> » (8). En effet pourquoi ne pas réhabiliter les thèses de Keynes, objectif très largement partagé à la gauche du PS (9). Mais le respect du cadre institutionnel, tant national qu&#8217;européen, du capitalisme conduit une telle orientation à l&#8217;impasse. Elle est génératrice de cruelles désillusions, pires que celles provoquées par la conversion, en 1983, du PS à la « nécessaire » rigueur. D&#8217;autre part, il n&#8217;est guère envisageable qu&#8217;en réduisant le projet politique à un catalogue revendicatif la classe ouvrière parvienne à convaincre la bourgeoisie qu&#8217;elle risque de tout perdre.</p>
<p>François Hollande a, cette fois, toutes les chances d&#8217;être en capacité d&#8217;empêcher le règne de Sarkozy II. Sans parler de la désastreuse expérience du gouvernement Jospin, sans parler des lamentables résultats de ses amis Zapatero et Papandreou, ses <em>60 engagements pour la France</em> ne soulèvent pas l&#8217;enthousiasme. En particulier l&#8217;engagement numéro 9 : « <em>Le déficit public sera réduit à 3% du PIB en 2013. Je rétablirai l&#8217;équilibre budgétaire en fin de mandat</em>. » Au delà des effets de tribune, cela possède un très fort lien de parenté avec le futur traité européen qui impose « <em>d&#8217;avoir un budget général à l&#8217;équilibre ou excédentaire</em>. » Nul besoin de faire la démonstration des inévitables conséquences.</p>
<p>Et pourtant, il monte des masses laborieuses comme un bruit sourd :<strong> il faut que cela cesse !</strong> Et ça commence par <strong>dégager Sarkozy</strong>.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></p>
<h5>1.- Karl Marx, <em>Critique de l&#8217;économie politique</em>, Éditions Quai Voltaire, 1994, page 403.<br />
2.-<em> Le Canard enchaîné</em> du 15 février.<br />
3.- Karl Marx, <em>Le Capital</em>, Livre premier, Chapitre 24, Éditions sociales, 1976, page 428.<br />
4.- <em>Prométhée</em> <a href="http://gauchecomm.pagesperso-orange.fr/prom671.htm" target="_blank">numéro 67</a>.<br />
5.- <em>Le Figaro magazine</em> du 11 février.<br />
6.- Karl Marx, <em>Salaire, prix et profit</em>, Éditions sociale, 1969, Page 74.<br />
7.-<em> Le Monde économie</em> du 14 février.<br />
8.-<em> Le Monde</em> du 16 février.<br />
9.- Attention aux thèses de Keynes. Ces textes sont loin d&#8217;être en faveur de l&#8217;augmentation des salaires pour relancer la demande. Sur les salaires? Keynes pensait qu&#8217;une baisse des salaires serait efficace si elle était généralisée.</h5>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Front National : Demandez le Programme</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 15:19:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>
		<category><![CDATA[souverainisme]]></category>

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		<description><![CDATA[première mise en ligne le 25 avril 2011 sur http://promcomm.wordpress.com L’ancien ministre socialiste Roland Dumas déclare que Marine Le Pen a un certain charme. L’intellectuel Emmanuel Todd, pourtant très investi dans la défense des droits des immigrés, estime que le &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/front-national-demandez-le-programme/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2011/12/promethee.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-38" title="promethee" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2011/12/promethee.jpg" alt="" width="99" height="38" /></a>première mise en ligne le 25 avril 2011 sur<a href="http://promcomm.wordpress.com" target="_blank"> http://promcomm.wordpress.com</a></address>
<p>L’ancien ministre socialiste Roland Dumas déclare que Marine Le Pen a un certain charme. L’intellectuel Emmanuel Todd, pourtant très investi dans la défense des droits des immigrés, estime que le programme économique du Front National est crédible. La presse met en valeur trois syndicalistes qui ont adhéré au Front national et des sondages placent Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle. Le 21 avril 2011, s’exprimant sur RMC, le journaliste Jean-François Kahn estime que le programme du Front National est anticapitaliste, et selon le <em>Journal du Dimanche</em> du 24 avril, Marine Le Pen serait la candidate préférée des ouvriers.<br />
Question : un nouveau Front national, plus social, plus proche des travailleurs et de la jeunesse serait- il en train d’émerger ? C’est ce que tente de faire croire Marine Le Pen qui, le 8 avril dernier, devant la presse spécialisée, a présenté les grandes orientations économiques de son parti. Dans le même temps, le site internet de ce parti diffuse de nombreux textes présentant ses propositions concernant l’euro, la mondialisation, le libre échange et les nouvelles politiques économiques nécessaires au retour de la croissance et à la création d’emplois.</p>
<p><span id="more-10"></span><br />
Selon les responsables du FN, ce retour passe par une rupture avec « l’euro, à tout prix » et le libre échange mondialiste, ainsi qu’avec les politiques d’austérité qui les accompagnent.<br />
Cette rupture, toujours selon les responsables du FN, ne peut se réaliser que par l’intervention d’un État stratège, protecteur des intérêts des travailleurs français et de la population, victimes de la mondialisation et de ses conséquences désastreuses.<br />
L’argumentation du FN est présentée de la façon suivante :</p>
<ol>
<li>La mondialisation et le libre échange livrent le pays à la concurrence déloyale des autres pays, à l’arrivée de produits étrangers qui ruinent l’industrie française, et à l’invasion de la France par une main-d’œuvre étrangère utilisée par le patronat pour baisser les salaires des travailleurs français ;</li>
<li>Dans cette situation, les entreprises, pour rester compétitives, sont contraintes de délocaliser leur production dans les pays à bas salaires, ou de recourir à l’immigration faiblement payée, ce qui, dans un cas comme dans l’autre, provoque le chômage des travailleurs français, la baisse de leurs salaires et le développement de la pauvreté ;</li>
<li>Face à la politique du « <em>grand capital mondialisé</em> », déclare Marine Le Pen, la France et son peuple sont désarmés par tous les partis, de droite et de gauche, favorables à la mondialisation, à l’immigration, au libre échange et à l’euro.</li>
<li>La France et son peuple sont désarmés par l’euro qui étouffe l’emploi et provoque des délocalisations. En effet, selon Marine Le Pen, qui reprend à son compte les arguments de certains économistes, l’euro fort rend les produits français chers, ce qui défavorise les exportations françaises, limite donc la production française et crée du chômage.</li>
</ol>
<p>Dans le même sens, l’euro fort et le libre échange incitent les consommateurs français à acheter des produits étrangers, ce qui, une nouvelle fois, défavorise les entreprises françaises, diminue leur activité et augmente le chômage.<br />
Plus généralement, toujours selon Marine Le Pen, « <em>le système mondialiste et immigrationniste</em> » met en concurrence déloyale les travailleurs du monde entier, provoque le chômage et la baisse des salaires des travailleurs français. Quant à l’euro, par définition, il empêche le gouvernement français de dévaluer une monnaie qui n’existe plus, le franc, dévaluation qui rendrait les produits français plus compétitifs, ce qui permettrait d’accroître les exportations françaises, d’augmenter la production et de créer des emplois.<br />
Dans cette situation, que propose le Front National ? Pour Marine Le Pen, il faut se réarmer face à la mondialisation. Comment ?</p>
<ol>
<li>Il faut sortir de l’euro. Dans un document intitulé, « <em>les grandes orientations économiques</em> », les responsables du Front National proposent de « <em>remettre la monnaie à sa place, au service de la croissance et de l’emploi</em> », et, se réclamant de l’économiste américain Milton Friedman, ancien conseiller du dictateur Pinochet, (on ne se refait pas), vantent les «  <em>vertus indépassables de la liberté monétaire</em> ». A ce sujet, le 24 février 2011, Marine Le Pen déclare : « <em>la dévaluation de la monnaie est bonne pour l’économie. La France a besoin d’une dévaluation compétitive</em> ».</li>
<li>Dans le même temps, ajoutent les dirigeants du Front National, la mise en place de barrières protectionnistes mesurées limiterait l’entrée de produits étrangers en France, protégerait les entreprises d’une concurrence déloyale, découragerait les délocalisations et permettrait de sauver des emplois qui, par ailleurs, ne seraient plus menacés par l’immigration.</li>
<li>Enfin, Marine Le Pen se prononce en faveur d’un État stratège, qui, mettrait en œuvre une politique de défense de l’emploi français, nationaliserait la dette française, organiserait un pôle public bancaire sous le contrôle de l’État, deviendrait propriétaire des entreprises stratégiques de l’énergie et des transports, et aurait pour mission l’éradication de la dette et des déficits publics.</li>
</ol>
<p>Ainsi donc :</p>
<ul>
<li>à la monnaie unique européenne, les responsables du Front National opposent le retour à la monnaie nationale ;</li>
<li>à l’euro fort, ils opposent la liberté monétaire et un franc dévalué ;</li>
<li>au libre échange, ils opposent des mesures protectionnistes contre les produits étrangers ;</li>
<li>à la mondialisation ultra-libérale qui affaiblit les États souverains, ils opposent un État stratège et protecteur.</li>
</ul>
<h3><strong>UNE DÉVALUATION COMPÉTITIVE, POURQUOI ?</strong></h3>
<p>Premièrement qu’appelle-t-on une dévaluation ? Il s’agit d’une décision gouvernementale ayant pour but de diminuer la valeur de la monnaie nationale exprimée en monnaies étrangères. Exemple : si 1 franc vaut 1 dollar, après dévaluation, 1,20 franc vaudra 1 dollar. Pour avoir 1 dollar, il faut alors payer 1,20 franc et non plus 1 Franc. Il faut donc plus de monnaie française pour avoir la même quantité de monnaie américaine. La valeur du franc a donc baissé par rapport au dollar. Le franc a été dévalué par rapport au dollar et à toutes les monnaies.<br />
Deuxièmement, pourquoi cette dévaluation est- elle appelée compétitive ? Elle est ainsi appelée parce que les agents économiques américains, consommateurs et entreprises, disposant de 1 dollar, vont maintenant pouvoir l’échanger contre 1,20 franc et non plus contre 1 franc. Ils seront donc incités à acheter des produits fabriqués en France. On dira alors que les produits français sont devenus plus compétitifs, sans avoir dû baisser les coûts de production, donc sans avoir baissé les salaires.<br />
Troisièmement, si les produits français sont devenus plus compétitifs, ils seront vendus en plus grande quantité, il faudra donc en produire plus, et pour en produire plus, il faudra plus de salariés, ce qui diminuera le chômage.<br />
Tel est le cercle vertueux de la dévaluation, selon les dirigeants du Front National, qui insistent sur le fait que l’économie du pays qui a dévalué, est devenue plus compétitive sans avoir eu besoin de baisser ses coûts de production et les salaires.<br />
En effet, avec l’euro fort et l’impossibilité de le dévaluer, les produits de la zone euro ne peuvent devenir compétitifs que si on diminue leurs prix, ce qui oblige à diminuer les coûts de production, et donc à bloquer les salaires sinon les diminuer.<br />
En revanche, selon Marine Le Pen et ses « experts économiques », avec la dévaluation, on obtient le maintien, sinon l’augmentation des salaires, et la diminution du chômage. On se demande bien pourquoi, avant Marine Le Pen, personne n’y avait pensé. C’est tout simplement parce que la réalité est légèrement différente.</p>
<h3><strong>LA DÉVALUATION COMPÉTITIVE CONDUIT A L’AUSTERITE SALARIALE ET DÉTRUIT DES EMPLOIS</strong></h3>
<p>Il est vrai que la dévaluation donne un avantage compétitif, mais cet avantage ne peut être maintenu que si la dévaluation s’accompagne d’une austérité salariale que Marine Le Pen prétend éviter. Pourquoi ? L’avantage compétitif d’origine monétaire peut être annulé si les prix des produits français augmentent. Reprenons l’exemple des agents économiques américains. Après la dévaluation, ils obtiennent 1,20 franc pour 1 dollar, ce qui les inciterait à acheter plus de produits français. Mais, si dans le même temps, les prix des produits français augmentent, avec 1,20 franc, ils obtiendraient la même quantité de produits qu’ils payaient 1 franc, et dans ces conditions, ils n’achèteront pas plus de produits français. Le cercle vertueux de la dévaluation disparaît. C’est pourquoi, pour avoir des effets compétitifs, la dévaluation doit s’accompagner d’une politique qui vise à empêcher l’augmentation des prix, ce qui signifie une politique qui empêche l’augmentation des coûts de production et des salaires ou qui les diminue. On appelle cela une politique d’austérité salariale, qui découle tout naturellement de la nature compétitive de la dévaluation.<br />
En second lieu, cette austérité salariale comporte un autre avantage pour la « réussite » de la dévaluation. En effet, qui dit austérité salariale dit limitation de la consommation, ce qui permet de consacrer toute la production supplémentaire aux exportations. Vendre plus à l’extérieur nécessite de dégager un surplus de production exportable, ce qui passe par une réduction de la consommation intérieure, réduction, elle-même facilitée par l’austérité salariale.<br />
Par conséquent, contrairement à ce que prétend Marine Le Pen, la dévaluation ne permet pas d’éviter l’austérité salariale et la limitation de la consommation, bien au contraire.<br />
Mais permet-elle, au moins de créer des emplois ?<br />
Comme on vient de le voir, la dévaluation compétitive passe par le maintien ou la réduction des coûts salariaux. Cette réduction peut être obtenue de deux façons :</p>
<ol>
<li>La réduction des salaires ou/et des cotisations sociales, en gardant le même nombre de salariés ;</li>
<li>La réduction de la masse salariale, en faisant produire la même quantité par un nombre plus petit de salariés, ce qui, dans ce cas, signifie des suppressions d’emplois.</li>
</ol>
<p>D’ailleurs, lorsque les dirigeants du Front National veulent illustrer leurs propositions, ils citent très souvent l’exemple du Royaume-Uni qui, selon eux, « <em>a fait une dévaluation compétitive de 20% de sa monnaie pendant la crise, ce qui lui a permis de connaître un redressement économique important dès 2010</em> ».<br />
Un redressement économique ? Mais au Royaume-Uni, le gouvernement qui a dévalué la monnaie au nom de la compétitivité, de la concurrence loyale et de l’économie de marché, vient de décider la suppression de centaines de milliers de postes de fonctionnaires, la réduction des dépenses sociales, une montée des droits d’inscription à l’Université, et depuis la dévaluation, le pouvoir d’achat des salariés a diminué tandis que le chômage a augmenté.<br />
Quant au protectionnisme et à l’intervention de l’État, ils sont mis en œuvre par les USA, ce qui n’empêche nullement la montée du chômage et de la pauvreté.<br />
Ainsi donc, comme le montrent les exemples de la zone euro, des USA et du Royaume-Uni, monnaie forte ou monnaie faible, dévaluation ou réévaluation, libre échange ou protectionnisme, dès lors que l’on respecte l’économie de marché, donc les lois de la compétitivité et de la concurrence, les conséquences sont toujours les mêmes pour les travailleurs, les chômeurs et la jeunesse : austérité, chômage et remise en cause de tous les droits sociaux et démocratiques.<br />
A ce sujet, interrogée par la presse économique spécialisée, le 8 avril dernier, Marine Le Pen déclare : « <em>nous ne remettons pas en cause l’économie de marché, ni les bienfaits de la concurrence, si elle est loyale</em> ». (Citée dans <em>le Monde</em> du 10 avril).<br />
En d’autres termes, que propose Marine Le Pen, sinon la possibilité pour le gouvernement français, d’agir comme l’administration américaine ou le gouvernement britannique, qui dévaluent leur monnaie, mettent en œuvre des mesures protectionnistes quand bon leur semble et font intervenir l’État dans l’économie, afin d’appliquer des politiques d’austérité pour la majorité de la population, au nom des dévaluations compétitives et de la défense des intérêts dits nationaux ?<br />
C’est précisément ce que l’on trouve dans le programme du Front National. Quelques exemples suffiront à le montrer.</p>
<h3><strong>SALAIRES : DES AUGMENTATIONS FINANCEES PAR LES CONTRIBUABLES</strong></h3>
<p>Marine Le Pen se prononce pour le retour de l’indexation des salaires sur les prix, c’est-à-dire de leur augmentation en fonction de la hausse des prix. Mais qui doit payer cette augmentation ?<br />
Dans un récent communiqué daté du 18 avril 2011, Marine Le Pen propose de diminuer l’impôt sur les bénéfices des sociétés qui augmenteraient les salaires. C’est donc l’État, par cette baisse de l’impôt qui financerait la hausse des salaires. Mais qui finance l’État, sinon les contribuables, salariés dans leur immense majorité. Par conséquent, les impôts payés par les salariés permettraient à l’État de baisser l’impôt payé par les sociétés. En somme, les salariés contribuables financeraient leurs propres augmentations de salaire.<br />
A n’en point douter, cette proposition ne devrait pas trop déplaire au MEDEF.</p>
<h3><strong>RETRAITES : LE TRAVAIL POUR LES PAUVRES PENDANT LEUR RETRAITE</strong></h3>
<p>Dans une fiche programme du Front National on peut lire la proposition suivante : « <em>l’harmonisation de l’ensemble des régimes d’assurance maladie et retraite pour mettre fin aux injustices et aux inégalités dans ces domaines</em> ».<br />
C’est l’argument du MEDEF et des capitalistes financiers pour remettre en cause le calcul du montant des retraites des fonctionnaires afin de le réduire, tout cela bien sûr, au nom de l’égalité avec le secteur privé.<br />
Le 14 juin 2010, Marine Le Pen déclare que « <em>cumuler emploi et retraite peut être une bonne chose pour les revenus modestes</em> ». En d’autres termes, pour les ouvriers notamment, elle propose de travailler pendant leur retraite.<br />
On comprend alors aisément pourquoi, si prompte à réclamer l’abrogation de telle ou telle loi, elle ne demande en rien l’abrogation de toutes les lois qui ont reculé l’âge de départ à la retraite et diminué leur montant.<br />
Dans ce domaine aussi, Marine Le Pen défend les intérêts des marchés financiers.</p>
<h3><strong>PROTECTION SOCIALE : ETATISATION ET DESTRUCTION DE LA SECURITE SOCIALE</strong></h3>
<p><strong></strong>Dans une fiche programme destinée aux adhérents du Front National, on peut lire cette proposition : « <em>la transformation des cotisations patronales au titre de la famille en contribution fiscale</em> ». Il s’agit là d’une vieille exigence patronale. En effet, depuis de nombreuses années, au nom de la compétitivité chère à Marine Le Pen, le patronat estime qu’il ne lui revient pas de supporter le financement des allocations familiales, en versant à la Sécurité Sociale des cotisations, partie intégrante du salaire brut des travailleurs .Le patronat exige de transférer le financement des allocations familiales à l’impôt.<br />
De même, le Front National se prononce pour la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu, mesure, qui accentuerait la fiscalisation du financement de la Sécurité Sociale et donc la mainmise de l’État sur les dépenses de protection sociale afin de les réduire.<br />
C’est d’ailleurs l’objectif du Front National, pour qui « <em>l’</em><em>É</em><em>tat doit devenir l’instrument de la solidarité nationale</em> », ce qui signifie «<em> la gestion directe par l’</em><em>É</em><em>tat de ces régimes nationaux sous contrôle du parlement</em> ».<br />
En clair, une Sécurité Sociale, financée par l’impôt et soumise aux politiques budgétaires d’austérité, pour le plus grand bien du patronat, libéré des cotisations sociales. Des cotisations sociales, que Marine Le Pen dénonce régulièrement, comme le 14 juin 2010, quand à propos des retraites, elle déclare que « <em>la hausse du montant des cotisations est une bêtise</em> »<br />
Cette politique, déjà partiellement mise en œuvre par tous les gouvernements de droite et de gauche, au nom de la nécessaire baisse du coût du travail et de la lutte contre le chômage, a donné les résultats que l’on sait.</p>
<h3><strong>SERVICES PUBLICS : LES RENDRE COMPETITIFS</strong></h3>
<p>Marine Le Pen ne manque pas une occasion de se poser en défenseure des services publics, mis à mal par la politique de l’Union européenne et par tous les gouvernements depuis 30 ans. Dans une « <em>Lettre aux fonctionnaires</em> » du 23 février 2011, elle se prononce pour un État fort, garant des services publics, affirme qu’il faut tourner la page de la RGPP (révision générale des politiques publiques), constate que « <em>l’école est saignée à blanc</em> » et déclare que le statut doit être préservé.<br />
Dans le même temps, le Front National, dirigé par Marine Le Pen, publie un document intitulé « <em>Comment redresser les services publics ?</em> » dans lequel on peut lire que « <em>l’</em><em>É</em><em>tat doit stimuler la modernisation du service public et les gains de compétitivité</em> ».Et à cette fin, ajoute le même document, il faut « <em>cesser de traiter de façon uniforme l’ensemble des agents publics</em> ».<br />
Compétitivité des services publics ? Mais, c’est au nom de la compétitivité des services publics, que les milieux financiers et le gouvernement ont mis en œuvre la RGPP afin de supprimer des postes. C’est encore au nom de la compétitivité, et donc de la productivité de chaque fonctionnaire, que les capitalistes financiers veulent imposer le salaire au mérite, ce qu’ils appellent, « <em>cesser de traiter les agents de façon uniform</em>e ».</p>
<h3><strong>ECOLE : LA CONCURRENCE ENTRE LES ÉTABLISSEMENTS</strong></h3>
<p>Dans ses interventions à la télévision et à la radio, Marine Le Pen prend toujours soin de rappeler son attachement à l’école publique où elle a mis ses enfants. Mais, dans une fiche programme, destinée aux militants du FN, on peut lire ceci : « <em>au nom de l’égalité de moyens, l’</em><em>É</em><em>tat permettra par la mise en place du chèque scolaire, le libre choix de l’école à tous les parents</em> », « <em>la carte scolaire sera progressivement supprimée</em> », « <em>les parents deviennent le passage obligé pour le financement des établissements</em> ». Il faut « <em>permettre aux parents du Public de choisir, pour leurs enfants, l’établissement qu’ils jugeront le meilleur</em> » ; «<em>les écoles primaires, collèges et lycées, ainsi soumis à une certaine émulation amélioreront naturellement leur niveau scolaire et leurs conditions de travail pour les élèves</em> ».<br />
On aura reconnu ici les propositions traditionnelles du MEDEF et des organisations internationales telles que le FMI, l’OMC et l’Union européenne que Marine Le Pen prétend combattre.<br />
Concernant les conditions de travail, le FN fait les propositions suivantes : il faut « <em>une police de protection des lycées, spécialisée dans la délinquance scolaire</em> »; « <em>il faut installer des portiques de détection des métaux</em> »; « <em>il faut envisager de supprimer les allocations familiales dans les cas les plus graves</em> »; « <em>l’autorité doit être affirmée dans les établissements scolaires au besoin en suspendant à la famille de tout élève perturbateur, les diverses allocations sociales et familiales dont elle bénéficie</em> ».<br />
Par ailleurs, concernant les professeurs, « <em>dans la gestion de leur carrière, une plus grande place sera faite au mérite</em> » et il faut leur « <em>imposer un temps de présence supplémentaire au sein de leur établissement</em> ». Là encore, on aura reconnu des propositions du MEDEF et des organisations internationales, FMI, OCDE, que Marine Le Pen prétend combattre.<br />
Enfin, les professeurs d’Histoire sont prévenus : « <em>il faut sortir d’une vision dépréciée de notre Histoire Nationale</em> ».</p>
<h3><strong>UNIVERSITE : AUTONOMIE, SELECTION, COMPÉTITIVITÉ</strong></h3>
<p>Dans une fiche programme, on peut lire ceci : « <em>une plus large autonomie sera accordée dans le recrutement des professeurs ainsi que dans la sélection des élèves de façon à améliorer la compétitivité de nos universités face aux grandes écoles et aux universités étrangères</em> ».<br />
En d’autres termes, des universités autonomes et la sélection à l’entrée, c’est-à-dire la fin du droit de tout lycéen à entrer à l’Université.<br />
C’est tout simplement le programme du MEDEF et des milieux financiers dénoncés par Marine Le Pen.</p>
<h3><strong>BUDGET MILITAIRE : IL FAUT L’AUGMENTER</strong></h3>
<p>« <em>Il est nécessaire d’augmenter le budget de la Défense Nationale</em> » peut- on lire dans une fiche programme du FN. Plus d’argent pour les armes signifie moins d’argent pour les dépenses sociales et les services publics. Un peu plus loin la fiche nous apprend que «<em> l’essor économique des USA depuis les années Reagan est en partie lié à l’élévation des budgets militaires</em> ».<br />
Un essor économique qui a conduit à la crise actuelle. Par ailleurs, il faudrait demander au peuple irakien ce qu’il pense de cet essor économique.</p>
<h3><strong>DETTE : IL FAUT LA PAYER</strong></h3>
<p>Dans une récente vidéo consacrée à la dette, Marine Le Pen s’en prend avec véhémence aux marchés financiers qui se sont enrichis et continuent à s’enrichir en percevant les intérêts de la dette contractée par tous les gouvernements depuis 30 ans.  Pour quelle conclusion ? « <em>le FN assumera l’héritage calamiteux des pouvoirs politiques précédents sans pour autant recourir à la solution de facilité par la répudiation pure et simple de la dette</em> ».<br />
En clair, Marine Le Pen est prête à rembourser la dette aux institutions financières et aux banques, ce qui signifie une ponction de plusieurs centaines de milliards d’euros sur le budget de l’État et, in fine, sur le revenu de la population.<br />
Soumission aux marchés financiers d’une part, et augmentation des dépenses militaires d’autre part, les propositions de Marine Le Pen ne constituent en rien la moindre rupture avec le capitalisme financier, spéculateur et guerrier, en un mot, destructeur.</p>
<h3><strong>IMMIGRATION : LE RACISME INSCRIT DANS LA CONSTITUTION</strong></h3>
<p>La présentation de cet argumentaire pourrait laisser croire que l’immigration serait un point parmi d’autres du programme du Front National. Il n’en est rien. La guerre aux immigrés et à leurs familles est la colonne vertébrale de ce programme. Pour les responsables de ce parti, les immigrés sont responsables du chômage, de la faiblesse des salaires, de la montée de la pauvreté, des déficits de l’État et de la Sécurité Sociale, de la hausse des impôts, de la fraude sociale et de la délinquance. Leur place dans la société constituerait une menace pour l’identité nationale, et l’existence même de la France serait menacée.<br />
Pour le Front National, la dénonciation de la mondialisation va donc de pair avec la dénonciation de l’immigration, et il faut en finir avec ce que ce parti appelle « <em>la mondialisation des prestations sociales</em> » (17 mars 2011), ce qui signifie notamment « <em>l’établissement d’une politique familiale volontariste réservée aux français, la suppression des allocations familiales pour les non nationaux</em> » (fiche programme sur les institutions).Cela signifie également que « <em>les travailleurs immigrés soient incités à prendre leur retraite dans leur pays</em> » (fiche programme).<br />
C’est pourquoi, Marine Le Pen propose d’inscrire dans la Constitution, le principe de la préférence nationale, principe qui n’est rien d’autre qu’une véritable déclaration de guerre aux immigrés et à leurs familles.<br />
Cette politique anti-immigrés n’a qu’un seul but : dresser politiquement et physiquement les travailleurs français contre les travailleurs immigrés, pour diviser la classe ouvrière et permettre ainsi au capital financier de s’en prendre à tous les travailleurs, immigrés et français, afin d’imposer sa politique de destruction de tous les acquis sociaux, cela au nom de la défense des intérêts nationaux et de la compétitivité.</p>
<h3><strong>SYNDICALISME : DETRUIRE LES ORGANISATIONS SYNDICALES</strong></h3>
<p>Marine Le Pen accuse régulièrement les organisations syndicales de trahir les intérêts des travailleurs français parce qu’elles refusent de combattre l’immigration. C’est pourquoi, les responsables du Front National appellent à un « <em>renouvellement syndical</em> », c’est-à-dire à la construction de «<em> syndicats </em>» racistes orientés vers la lutte contre les immigrés, au grand bénéfice du patronat. En effet, cette construction de «<em> syndicats </em>» racistes passe nécessairement par la destruction des organisations syndicales existantes, qui, malgré leurs limites, constituent toujours un cadre de résistance aux attaques du capital financier et du MEDEF, contre tous les salariés, français et immigrés.</p>
<h3><strong>CONCLUSION</strong></h3>
<p>Les propositions économiques du Front National prennent place dans la crise que connaissent plusieurs pays européens. Aujourd’hui, des États comme l’Irlande, la Grèce, le Portugal, sont directement soumis à des plans d’austérité du FMI et de l’Union européenne, afin qu’ils dégagent les ressources nécessaires au paiement de leur dette. D’autres, comme l’Espagne, l’Italie et la France conduisent également des politiques d’austérité dans le cadre de la zone euro. Mais devant les difficultés de ces pays à mener ces politiques, certains cercles dirigeants des marchés financiers estiment qu’il faut emprunter un autre chemin, celui du protectionnisme, de la dévaluation compétitive et donc de la sortie de l’euro.<br />
C’est ce que commencent à exprimer, même partiellement, plusieurs financiers, dans un dossier du <em>Monde</em> du 5 avril dernier, intitulé « <em>des pistes pour une nouvelle politique européenne</em> ». L’objectif est toujours le même : payer la dette et rembourser les banques en mettant en œuvre une plus grande austérité au nom de la compétitivité et de la guerre économique contre les concurrents et les produits étrangers.<br />
La mise en œuvre de cette austérité nécessite une défaite sociale et politique des travailleurs, des chômeurs et de la jeunesse. Et cette défaite nécessite la division des rangs des salariés, qui peut prendre la forme d’une guerre entre les travailleurs français et immigrés.<br />
C’est précisément cette guerre que prépare le Front National. Mais où ce parti trouve-t-il les moyens politiques de cette préparation ? Il les trouve dans la politique de Sarkozy, mais surtout, dans l’incapacité des partis de gauche de combattre réellement cette politique, et d’offrir une perspective sociale et politique crédible, c’est-à-dire basée sur une rupture claire et nette avec le capital financier qui commence par le refus de payer la dette.</p>
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