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	<title>Prométhée - Tribune Communiste &#187; crise</title>
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	<description>Un spectre hante l&#039;Europe, le spectre du communisme (Marx &#38; Engels)</description>
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		<title>Dracula n&#8217;est pas l&#8217;inventeur des banques du sang</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Aug 2013 12:47:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>
		<category><![CDATA[capital]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a une manière fort répandue de se donner des airs de gauche, voire révolutionnaires, sans vraiment remettre en cause ce qu’à une époque moins timide dans son langage on appelait la société bourgeoise, aujourd’hui on préfère parler de &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/dracula-nest-pas-linventeur-des-banques-du-sang/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_312" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/08/marxkarl-e1375966146248.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-312" title="En relisant Das Kapital" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/08/marxkarl-e1375966146248-150x150.jpg" alt="En relisant Das Kapital" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">En relisant Das Kapital</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il y a une manière fort répandue de se donner des airs de gauche, voire révolutionnaires, sans vraiment remettre en cause ce qu’à une époque moins timide dans son langage on appelait la société bourgeoise, aujourd’hui on préfère parler de capitalisme, terme comme on le sait ignoré de Marx et dont l’histoire montre qu’il n’est pas innocent. Cela consiste à adopter un mode de pensée binaire, ou bien ou bien, noir ou blanc, A ou anti-A. Cela permet de faire l’économie du travail de familiarisation, acquisition, maîtrisé de la dialectique. Et comme pour les langues ou les arts martiaux, la seule manière de se familiariser, d’acquérir et de maîtriser cette dialectique c’est de la pratiquer : d’où l’importance de la lecture des manuscrits de Marx (<em>Grundrisse</em> et ce qui a donné le <em>Capital</em> et les <em>Théories sur la plus-value</em>) : non pas tellement pour les résultats de la recherche, mais pour, par la lecture, « penser avec » Marx afin de « penser comme Marx ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais trêve de digression. Le mode de pensée que j’appelle binaire est tout naturel chez notre espèce, et nous appréhendons spontanément le monde sous cette forme : l’être humain est un grand classificateur, l’autre fait partie de la tribu ou du clan ou est étranger, ami ou ennemi ; les choses sont comestibles ou non, il y a un haut et un bas, une droite et une gauche (tiens, tiens) etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-308"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Cela ne veut pas dire que la pensée dialectique ne connaisse pas d’opposition entre deux entités : ne serait-ce que capital-travail, bourgeoisie-prolétariat. Mais ce ne sont pas des catégories issues du bon gros sens commun, au contraire, elles représentent le résultat temporaires de processus historiques, de développement de modes de productions et d’appropriation des richesses produites, des modalités de reproduction de la société humaine dans son ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">La pensée binaire, elle, se nourrit de vieux tropes idéologiques qui pour certains précèdent la généralisation du mode de production capitaliste, remontant à la plus ancienne antiquité. Par exemple, un des thèmes favoris de la « gauche anticapitaliste », est la dénonciation de la finance-reine, des revenus mirobolants des traders et autres créatures de Wall Street et de la City (économie-casino), des fortunes amassées par les Soros, les Buffet, les oligarques russes… tout cela ne vous rappelle-t-il pas la mauvaise réputation d’un certain roi qui régna en Lydie au VIe siècle avant J-C, Crésus ? Et même avant, au VIIIe siècle avant J-C, les vertus du travail honnête opposées aux méfaits de l’argent mal acquis, c’est Hésiode. Nous, nous sommes, avec Paul Lafargue, partisans du Droit à la paresse !</p>
<p style="text-align: justify;">Les oppositions spéculation/production, finance/travail, mondialisation/souveraineté (nationale, populaire ou républicaine, ou les trois à la fois) sont essentiellement de la poudre aux yeux, dont la fonction politique est d’occulter le processus bien réel de la crise terminale du mode de production capitaliste et de la société bourgeoise qu’il sous-tend d’une part, et le processus bien mal en point de la formation de la classe ouvrière en sujet conscient de l’histoire, en classe révolutionnaire, en classe pour-soi, de l’autre. C’est dire que les catalyseurs de ce dernier processus que sont les communistes doivent se garder de ce mode de pensée comme de la peste et le dénoncer, ainsi que les politiques qu’il légitime, avec la plus grande vigueur.</p>
<h2>Glass-Steagall : Le summum de l&#8217;illusion</h2>
<p style="text-align: justify;">C’est dans ce cadre que se situe ma réponse à une camarade s’interrogeant sur la pertinence du mot d’ordre de séparation des activités des banques de dépôt de celles des banques d’affaire, symbolisée aux États-Unis par la loi Glass-Steagall. Je la reproduis ci-dessous à quelques mineures modifications près.</p>
<p style="text-align: justify;">Ma réponse sera en deux temps : j&#8217;espère que l&#8217;on me pardonnera le ton sarcastique de la première partie de cette réponse puis j&#8217;essaierai de traiter le sujet sérieusement.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée de revenir à la séparation entre banques de dépôt (commercial banks) et banques d&#8217;affaire (investment banks) ne peut être qu&#8217;une bonne idée. La preuve: c&#8217;est le bon sens même qui veut que le mauvais capital financier, spéculateur et parasite, ne puisse se servir des sous, gagnés à la sueur de leur front, des petits épargnants, que le bon capital (que l&#8217;on n&#8217;appellera pas financier, disons, bancaire ?) va s&#8217;empresser de prêter aux braves petits patrons pour financer leurs investissements productifs créateurs d&#8217;emplois.</p>
<p>Et puis en plus, ce ne peut être qu&#8217;une bonne idée, il suffit de voir qui la défend. Et je ne veux pas parler des hurluberlus à la Cheminade, pour qui Glass-Stegall est la seule défense contre l&#8217;impact sur notre planète d&#8217;un météorite au service de la reine d&#8217;Angleterre.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a beaucoup plus sérieux que ça. Coupant l&#8217;herbe sous le pied du pauvre Jacques, il y a le Comité Roosevelt 2012 (mais si, mais si) qui milite, entre autres, pour la séparation. [voir le site suivant <a href="http://www.roosevelt2012.fr" target="_blank">http://www.roosevelt2012.fr</a> ou celui-ci <a href="http://www.monadversairecestlafinance.fr" target="_blank">http://www.monadversairecestlafinance.fr</a> ou celui-là <a href="http://www.scinder-les-banques.fr" target="_blank">http://www.scinder-les-banques.fr</a> ]. Comité animé par ce socialiste révolutionnaire de Michel Rocard, il appuie son action sur les témoignages de valeureux hommes et femmes de gauche, grands amis des opprimés en général et de la classe ouvrière en particulier : Christine Lagarde, Sandy Weill (ex-PDG Citygroup) , Mervyn King (Bank of England), Paul Volcker, Jean Peyrelevade (UAP et Crédit Lyonnais)</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs, les banquiers eux-mêmes, peut-être pris par le genre d&#8217;enthousiasme qui conduisit une bonne partie des députés de la noblesse aux États généraux de se défaire de leurs privilèges la nuit du 4 août 1789, veulent la séparation.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Le gouverneur de la Banque d&#8217;Angleterre, Mervyn King, se déclare ouvertement pour une séparation formelle de type Glass-Steagall. De même que Sandford Weill et John Reed, les deux banquiers américains qui avaient naguère poussé, dans les années 1990, l&#8217;Administration Clinton à révoquer cette séparation. L&#8217;ancien ministre travailliste de la City, Lord Myners, défend « </em>une séparation complète<em> ». De même que le Professeur John Kay, l&#8217;un des très rares économistes universitaires britanniques de niveau mondial. Terry Smith, un résident de la City à la réputation méritée de tenir un langage de vérité à l&#8217;égard du pouvoir, soutient Glass-Steagall. Tel était le cas de feu Sir Brian Pitman, probablement l&#8217;un des plus compétents et des plus respectés banquier de dépôt britannique des trente dernières années. Il est profondément significatif que Lord Lawson, qui dans les années 1980, en sa qualité de Chancelier Tory, supervisa la Big Band, soit un partisan éloquent de Glass-Steagall . Sir Peter Hambro, lui aussi, héritier d&#8217;une vieille banque de commerce britannique, partage le même sentiment</em> ». (<em>Daily Telegraph</em>, 25.novembre 2012)</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a aussi, plus à droite (beaucoup plus à droite) les gens de &laquo;&nbsp;la gauche m&#8217;a tuer&nbsp;&raquo; de Mike Borowski du collectif Contre-attaque. Lire <a href="http://www.rue89.com/2013/06/20/jean-robin-christian-vanneste-mike-borowski-tierce-gagnant-a-droite-droite-243508" target="_blank">http://www.rue89.com/2013/06/20/jean-robin-christian-vanneste-mike-borowski-tierce-gagnant-a-droite-droite-243508</a> ou encore <a href="http://lagauchematuer.fr/2013/06/04/la-gogoche-de-francois-hollande-est-aux-ordres-des-banques" target="_blank">http://lagauchematuer.fr/2013/06/04/la-gogoche-de-francois-hollande-est-aux-ordres-des-banques</a> et enfin, pour boucler la boucle avec <a href="http://www.frontnational.com/2013/02/fragilite-du-systeme-bancaire-credit-agricole-la-separation-entre-banques-de-depot-et-banques-daffaires-simpose" target="_blank">http://www.frontnational.com/2013/02/fragilite-du-systeme-bancaire-credit-agricole-la-separation-entre-banques-de-depot-et-banques-daffaires-simpose</a></p>
<h2>Comment pourrait-on s&#8217;opposer à ce consensus national, républicain et populaire ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis l’écriture de ces lignes, une proposition de loi demandant un retour à Glass-Steagall a été soumise au Sénat américain, initiative conjointe d’Elizabeth Warren, démocrate du Massachussetts, et de l’ancien candidat républicain à la présidence, John McCain. Encore des amis du peuple.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, les choses sérieuses. Pour nous, la question doit être : quelle différence aurait un retour à la séparation des deux types de banques (là où il a existé, car, on le verra, ce modèle est loin d&#8217;avoir été universel) pour notre classe, la classe ouvrière ?</p>
<p>Subsidiairement, on pourra se demander :</p>
<ol>
<li>Les raisons de la séparation (par Glass Stegall aux USA, en 1945 en France) ont-elles été une concession de la bourgeoisie à la classe ouvrière (ou plutôt aux bureaucraties syndicales/social-démocrates/staliniennes) ou plutôt une mesure de stabilisation du système ?</li>
<li>Même si on admettait que la séparation avait quelque chose de positif (encore une fois, du point de vue de notre classe, le seul qui compte pour nous) un retour en arrière, dans le cadre du système, est-il possible ?</li>
<li>Quel est le sens politique d&#8217;une telle revendication, autrement dit, pour qui roulent ceux qui la mettent en avant ?</li>
<li>La fin de la distinction entre les deux espèces de banques a-t-elle eu un rôle important dans le déclenchement/déroulement de la crise de 2007 ?</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Notons que le modèle pour beaucoup d&#8217;un pays où le système bancaire est au service de l&#8217;investissement productif, des PME, de l&#8217;intérêt national (ici de l&#8217;orientation à l&#8217;exportation), l&#8217;Allemagne, a toujours connu la banque dite universelle, c&#8217;est-à-dire ayant les deux activités : recueil de l&#8217;épargne, investissements en bons et obligations, financement et conseil des entreprises. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le modèle allemand qui a servi à Rudolf Hilferding de modèle pour son &laquo;&nbsp;<em>Das Finanzkapital</em>&laquo;&nbsp;, l&#8217;inspiration du texte de Lénine sur <em>l&#8217;Impérialisme, stade suprême de l&#8217;impérialisme</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">En Angleterre, le pays de la diabolique reine, la séparation n&#8217;a jamais fait l&#8217;objet d&#8217;une loi, elle était purement fonctionnelle : les deux activités demandaient des compétences différentes elles étaient tout naturellement effectuées par des établissements différents. Pas besoin de loi pour différencier épiciers marchands de couleurs (qui se rappelle encore ce qu&#8217;étaient les marchands de couleurs ?)</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, si on étudie la genèse de Glass-Steagall, tout du moins on voit clairement que le mouvement ouvrier n&#8217;a en rien été concerné par ce qui était une mesure de sauvegarde du système bancaire en crise. Pour mémoire, Henry Steagall était un élu de l&#8217;Alabama à la House of Representatives, représentant les intérêts de la paysannerie et des petites villes de l’État, et Carter Glass, de Virginie, d&#8217;une famille très &laquo;&nbsp;confédérale&nbsp;&raquo;, était un raciste patenté, un de ceux qui en 1902, après l&#8217;introduction d&#8217;un examen d&#8217;alphabétisme (literacy test) pour le droit de vote, expliquait « <em>Une discrimination! Eh bien, c&#8217;est précisément ce que nous proposons. Pour écarter, par des moyens légaux, tout électeur nègre dont on pourra se débarrasser sans empiéter sur la force numérique de l’électorat blanc</em> ». En 1913, il fut un des éléments moteurs de loi qui institua la Federal Reserve, essentiellement l&#8217;institutionnalisation de l&#8217;emprise des grandes banques sur la politique monétaire américaine. (D&#8217;autres pères du FED furent aussi précurseurs de Glass-Steagall, comme Brandeis, Aldrich, etc.)</p>
<p style="text-align: justify;">Voir dans la loi Glass-Steagall quoi que ce soit de &laquo;&nbsp;progressiste&nbsp;&raquo;, c&#8217;est croire que Dracula est l&#8217;inventeur des banques du sang. Il s&#8217;agissait, entre autre, de protéger les myriades de petites banques locales, qui avaient été très durement touchées par la débâcle de 1929-32, une mesure, au sens propre du mot, réactionnaire. Les communistes, n&#8217;étant pas des nostalgiques pleurant le bon vieux temps où, ma bonne dame, un sou était un sou et où la communauté (blanche) des petites villes du sud vivait en harmonie (du travail des esclaves noirs), n&#8217;ont pas une larme à verser sur les pauvres &laquo;&nbsp;petites banques&nbsp;&raquo; servant les besoins des braves bourgeois/agriculteurs de ces petites villes. De plus, il se trouve que Glass-Steagall comptait parmi ses partisans les banques d&#8217;affaires qui y voyaient une protection contre la concurrence des &laquo;&nbsp;géants de la finance&nbsp;&raquo;. Les idées de Glass étaient également très appréciées de firmes financières spécialisées, bénéficiant largement de l&#8217;interdiction d&#8217;une grande partie de leurs concurrents d&#8217;entrer en compétition avec elles. Loin d&#8217;être un système de régulation que les banquiers voraces auraient depuis toujours voulu effacer, les banques spécialisées en investissement ont été tout le long de son histoire les supporters les plus loquaces et les plus actifs du maintien de ce « mur de séparation ». Philip Wallach, Moving Beyond Calls for a “New Glass-Steagall”.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourrait-on d’ailleurs revenir à la séparation entre banques d&#8217;affaires et banques de dépôt ? Rien de moins sûr. Certes, de nombreuses voix, essentiellement du monde financier même, se sont élevées en faveur d&#8217;une forme ou d&#8217;une autre de retour à une régulation des activités bancaires. Mais si le modèle de la banque universelle s&#8217;est imposé dans les années 1990, ce n&#8217;est pas par hasard. C&#8217;est qu&#8217;au stade actuel du mode de production capitaliste, ce type de banque est le plus approprié. Vouloir changer le système en réformant les banques, c&#8217;est (en encore plus naïf) revenir aux fantasmes des proudhoniens réfutés de nombreuses fois par le Grand Barbu (cf. <em>Misère de la Philosophie</em>, première partie des <em>Grundrisse</em>, etc.)</p>
<p style="text-align: justify;">Concrètement, et sans entrer dans les détails, dès les années 1970 le monopole des banques de dépôt a été mis en cause par les banques d&#8217;épargne et de prêt (saving and loans associations) et le développement des fonds communs de placement sur le marché monétaire (money market mutual funds) puis de la généralisation de la &laquo;&nbsp;titrisation&nbsp;&raquo;, création de titres de placement adossés à des actifs (asset backed securities) de plus en plus fantaisistes. Tout cela en marge et en dépit de Glass-Steagall. Imaginer un retour au statu quo ante, vouloir remettre la pâte dentifrice dans le tube, est tout simplement impossible sans, comme préalable et non comme conséquence, une expropriation de TOUT le secteur financier, concevable à un niveau au moins continental, et à une réorientation des flux monétaires et de crédit, sous la direction d&#8217;un gouvernement non moins géographiquement étendu, vers les besoins de la population. Un point important d&#8217;un programme pour les États-Unis socialistes d&#8217;Europe, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est de la responsabilité de l&#8217;abrogation de Glass-Steagall dans la crise financière de 2007, là encore, sans entrer dans le détail, disons que c&#8217;est loin d&#8217;être évident. A lire les analyses post-mortem de la création de la bulle hypothécaire et dès son explosion, on peut en conclure qu&#8217;au plus la dérégulation à ce niveau-là a eu un effet accélérateur/multiplicateur, mais ne fut en aucun cas un facteur causal. La politique de la FED, les instruments financiers nés en dehors du système bancaire traditionnel et plus profondément la baisse du taux de profit et le risque accru des investissements non seulement industriels mais aussi dans le sectaire tertiaire (cf. bulle dot.com) sont bien plus à mettre en cause.</p>
<p style="text-align: justify;">Une raison de ne pas mettre en avant la revendication de &laquo;&nbsp;séparation&nbsp;&raquo;, une raison forte à mon avis, c&#8217;est que celle-ci renforce le très néfaste préjugé (celui-même qui réunit extrême-droite et gauche petite bourgeoise) du &laquo;&nbsp;bon capital industriel/productif&nbsp;&raquo; (demandez aux ouvriers de Citroen Aulnay ou de Michelin à Joué-les-Tours, ou de Goodyear à Amiens ce qu&#8217;ils en pensent) opposé au &laquo;&nbsp;méchant capital financier/spéculatif/parasitaire&nbsp;&raquo;. Notre ennemi n&#8217;est pas telle ou telle manifestation du capital, c&#8217;est le mode de production capitaliste en tant que tel.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;espère que ces quelques lignes contribueront à éclaircir la question. If you have any further questions, do not hesitate&#8230;.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Henry Nowak</strong></p>
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		<title>la morale laïque version Peillon Cahuzac</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 11:56:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[politique gouvernementale]]></category>

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		<description><![CDATA[Dignité : Tu resteras droit dans tes bottes ! Liberté : Tu planqueras ton fric dans les paradis fiscaux ! Égalité : Tu pratiqueras la concurrence libre et non faussée ! Solidarité : Tu imposeras l&#8217;austérité aux masses laborieuses ! Laïcité : Tu célébreras la séparation de l&#8217;Etat et &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/la-morale-laique-version-peillon-cahuzac/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dignité</strong> : Tu resteras droit dans tes bottes !<br />
<strong>Liberté</strong> : Tu planqueras ton fric dans les paradis fiscaux !<br />
<strong>Égalité</strong> : Tu pratiqueras la concurrence libre et non faussée !<br />
<strong>Solidarité</strong> : Tu imposeras l&#8217;austérité aux masses laborieuses !<br />
<strong>Laïcité</strong> : Tu célébreras la séparation de l&#8217;Etat et du Capital !<br />
<strong>Esprit de Justice</strong> : Tu veilleras à ce que l&#8217;impôt sur le Capital soit raisonnable !<br />
<strong>Respect</strong> : Tu t&#8217;interdiras de médire sur tes frères de classe !<br />
<strong>Absence de Discrimination</strong> : Tu ne demanderas pas la nationalité des maîtres de la finance !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></p>
<address><span style="text-decoration: underline;"><strong>Note</strong></span> : Il s&#8217;agit des huit axes de la « morale laïque » retenus par le ministre de l’Éducation que tous les élèves de France devront ingurgiter pour devenir de bons citoyens de la République du Capital.  Étant une exclusivité des exploités et des partageux, la <span style="color: #ff0000;"><strong>Fraternité</strong></span> ne fait logiquement pas partie de la liste.</address>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Affaire Cahuzac et Crise politique</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 07:39:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Y aurait-il quelque chose de pourri au royaume de France ? Un ancien président (Nicolas Sarkozy) mis en examen pour abus de faiblesse (il aurait soutiré des fonds à la milliardaire Bettencourt). Un ministre en exercice et ancien président de la &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/affaire-cahuzac-et-crise-politique/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_232" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/04/AfficheNPAdehors.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-232" title="AfficheNPAdehors" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2013/04/AfficheNPAdehors-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Dehors le pouvoir du Capital !</p></div>
<p style="text-align: justify;">Y aurait-il quelque chose de pourri au royaume de France ? Un ancien président (Nicolas Sarkozy) mis en examen pour abus de faiblesse (il aurait soutiré des fonds à la milliardaire Bettencourt). Un ministre en exercice et ancien président de la commission des finances de l&#8217;Assemblée nationale (Jérome Cahuzac) choisi par Nicolas Sarkozy, avoue avoir fraudé en plaçant de l&#8217;argent en Suisse (et peut-être à Singapour) après avoir juré le contraire.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà que ce qu&#8217;il convient d&#8217;appeler l&#8217;affaire Cahuzac produit une crise politique sans précédent sous la Ve République. Pourtant ce n&#8217;est que la 112e affaire politico-financière depuis 1958 répertoriée par Wikipedia, soit environ une affaire tous les six mois. Pourquoi cette dernière, somme toute pas pire que les précédentes, provoque une crise politique majeure ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-240"></span></p>
<h3>Un gouvernement dans les pires difficultés</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour une grande partie des travailleurs, le Président, son gouvernement et sa majorité parlementaire n&#8217;ont pas réussi leur période d&#8217;essai. Les citoyens qui ont voté Hollande pour dégager Sarkozy et sa politique sont globalement déçus. Le Président est au plus bas dans les sondages (seulement une personne sur trois lui fait encore confiance). L&#8217;élection législative partielle de l&#8217;Oise a, comme lors de la présidentielle de 2002 après cinq ans de gouvernement de « gauche plurielle » (1), éliminé le PS au premier tour au profit du FN.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré le rouleau compresseur du Medef, des ministres, des experts et des médias qui concentrent leurs efforts pour convaincre la masse des exploités qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;autre choix que l&#8217;austérité, le monde du travail se rend peu à peu compte que la politique mise en oeuvre par François Hollande n&#8217;est que la continuité de celle de son prédécesseur.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons eu l&#8217;acte I du « choc de compétitivité » – autrement dit du dumping social – qui a gracieusement alloué 20 milliards de crédit d&#8217;impôts au patronat; suivi de l&#8217;acte II où le Medef, avec la complicité de la Cfdt, dicte sa loi aux parlementaires pour démolir le code du travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous subissons une flambée irrésistible du chômage que le pompier Arnaud Montebourg, ministre du « redressement industriel » (on ne rit pas s&#8217;il vous plaît !) est incapable de circonscrire avec son pathétique patriotisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Fidèles à leur engagement en faveur de l&#8217;Europe libérale depuis le tournant de la rigueur de 1983, les dirigeants du PS cultivent le culte d&#8217;un déficit inférieur à 3% du PIB pour parvenir à l&#8217;équilibre budgétaire (engagement numéro 9 du candidat Hollande). En réalité il s&#8217;agit d&#8217;un écran de fumée pour imposer l&#8217;austérité généralisée (voir ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en Italie, au Portugal ou encore à Chypre) seule perspective possible pour tenter d&#8217;enrayer la baisse du taux de profit.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour mieux saisir le discours sur la dette faisons un bref détour historique par la France de la monarchie de juillet (1830-1848). Voici comment Karl Marx explique la fonction de la dette « <em>L&#8217;endettement de L’État était, bien au contraire, d&#8217;un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres [le Parlement]. C&#8217;était précisément le déficit de l’État, qui était l&#8217;objet même de ses spéculations et le poste principal de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l&#8217;aristocratie financière une nouvelle occasion de rançonner l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables</em>. » (2)</p>
<p style="text-align: justify;">Toute ressemblance avec la France actuelle n&#8217;a rien de fortuite. L’État, quelque soit le résultat de l&#8217;alternance électorale, sert la classe dominante que parfois certains appellent « bourgeoisie ». La seule différence aujourd&#8217;hui c&#8217;est que l&#8217;emprunt est quasi permanent. A tous les niveaux de l&#8217;appareil d’État il existe des Cahuzac – y compris au niveau local comme l&#8217;affaire Guérini au Conseil général des Bouches du Rhône – ce n&#8217;est pas cela l&#8217;essentiel, le problème c&#8217;est le système dans sa totalité. La bourgeoisie s&#8217;adapte à l&#8217;état de crise, elle veut produire ici comme en Asie, pour cela il faut qu&#8217;elle parvienne à précariser le prolétariat, démembrer les services publics et faire disparaître la Sécurité sociale. Dans ce contexte, la nature de classe du gouvernement Hollande-Ayrault émerge de façon quasi caricaturale. Sa légitimé politique est largement entamée par l&#8217;affaire Cahuzac.</p>
<h3>Crise politique</h3>
<p style="text-align: justify;">Il suffit ainsi que celui qui était chargé d&#8217;imposer l&#8217;austérité, de comprimer de façon drastique les dépenses publiques ou encore de faire baisser les pensions de retraites – en jurant la main sur le cœur qu&#8217;il n&#8217;y avait pas d&#8217;autre solution pour sortir de la crise – soit prit la main dans le sac à planquer son fric sur des comptes dans des paradis fiscaux pour que le système tremble sur ses bases.</p>
<p style="text-align: justify;">Le discours dominant risque de ne plus être crédible et les victimes du système pourraient relever la tête en faisant le lien entre leur sort et celui des privilégiés. Il pourrait venir à l&#8217;idée du tiers-état moderne d&#8217;écrire sur ses cahiers de doléances que l&#8217;heure de reprendre la Bastille approche. On comprend d&#8217;autant mieux le Président quand il déclare le 10 avril : « <em>l&#8217;exemplarité de la république est la condition de son autorité</em>. » Malheureusement pour lui, il ne restaurera pas cette autorité bien écornée par des petites mesures susceptibles de moraliser la vie politique comme la déclaration sur l&#8217;honneur du patrimoine du personnel politique ou encore la création d&#8217;une nouvelle instance indépendante de contrôle – indépendante mon œil – et qui n&#8217;aura pas les moyens d&#8217;agir, rigueur budgétaire oblige.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour mémoire rappelons que Nicolas Sarkozy, dans son discours de Toulon le 25 septembre 2008, prétendait vouloir moraliser la finance et, ne craignant pas le ridicule, proclamait quelques mois plus tard la fin des paradis fiscaux. Sur ce sujet François Hollande ne réussira pas mieux que son prédécesseur. Mais là n&#8217;est pas son objectif présidentiel. En son for intérieur, il prie pour que ses annonces désamorcent le mécontentement qui monte en sourdine.</p>
<h3>Pour la République sociale</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour se libérer de l&#8217;emprise du Capital, la classe ouvrière n&#8217;a rien à espérer de quelques replâtrages de la Ve République ni d&#8217;une nouvelle république qui respecterait les normes de la gouvernance bourgeoise mises en musique dans le cadre de l&#8217;Union européenne. La classe ouvrière a tout à craindre de solutions ouvertement autoritaires. On ne peut pas parler de crise de régime. Pour le moment ni le Président ni son gouvernement n&#8217;ont démissionné et la Ve République, même à bout de souffle, sert encore la bourgeoisie. Cette dernière a d&#8217;autres cartes en réserve, elle est consciente qu&#8217;imposer les méthodes destructives du néo-libéralisme sera difficile avec sa « démocratie quinquennale ».</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la classe ouvrière aurait tort de se désintéresser de la crise politique en cours en la considérant comme une affaire interne à la bourgeoisie. En effet, la lutte quotidienne pour la défense de l&#8217;emploi, du salaire, de la Sécurité sociale, des services publics ou encore du Code du travail est intimement liée à la lutte politique. C&#8217;est pourquoi, dans l&#8217;immédiat nous devons prendre conscience que ce gouvernement ne nous représente pas et que la question est objectivement posée de le chasser ainsi que tous ceux et celles qui ont géré les affaires (dans tous les sens du terme) de la bourgeoisie.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons nos affaires en main. Toutes nos affaires : celles de la cité comme celles de la production. C&#8217;est le moment d&#8217;agir pour une démocratie réelle maintenant, tous ensemble ceux et celles qui veulent effectivement mettre fin à ce système inhumain, quelque soient leurs conceptions ou appartenances politiques. Cette dernière sera fondée sur les besoins des véritables producteurs (les travailleurs) et plus sur ceux de la classe dominante (parfois appelée les riches). Les expériences d&#8217;auto-organisation, du mouvement des places au comités de quartiers, en Espagne ou en Grèce donnent une petite idée du processus à en engager.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette démocratie, ou république sociale, ne naîtra pas toute faite de quelques idées géniales venues d&#8217;un quelconque état-major de parti. Elle ne peut venir que de notre capacité à nous auto-organiser, à débattre de tous les problèmes et à décider ensemble là où nous vivons, là où nous travaillons, là où nous subissons la régression globale d&#8217;un régime qui démontre chaque jour qu&#8217;il ne peut survivre et reconstituer ses profits qu&#8217;en entraînant la société toute entière dans l&#8217;abîme et qui mettra tout en œuvre pour nous empêcher de construire une alternative anticapitaliste. Les prolétaires ont tout intérêt à prendre modèle sur la bourgeoisie pour préparer et mener leurs actions de réplique à celle-ci : se concerter, s&#8217;entraider, s&#8217;informer; bref, agir comme une classe sociale politiquement consciente.</p>
<p style="text-align: justify;">La situation ouverte par l&#8217;affaire Cahuzac n&#8217;est pas pour autant nationale, propre à la France. L&#8217;état de crise globale avec toutes ses dimensions morale, sociale, politique atteint tous les États de l&#8217;Union européenne. De partout, la classe dominante fabrique les mêmes réponses. La riposte ne peut donc pas être un repli dans le confort de &laquo;&nbsp;nos&nbsp;&raquo; frontières de la Ligne Bleue des Vosges jusqu&#8217;au Mali. Mais pour l&#8217;heure, l&#8217;affaire Cahuzac vient singulièrement compliquer la tâche de la bourgeoisie française. C&#8217;est le moment d&#8217;en profiter.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></p>
<address>1.- Gouvernement dirigé par Lionel Jospin, en cohabitation avec le Président Chirac, regroupant toutes les composantes de la « gauche » parlementaire (PS, PCF, Radicaux) et les Verts.<br />
2.- Karl Marx, Les Luttes de classes en France (1848-1850), Éditions sociales, 1952, page 27.</address>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Rapport Gallois, Programme du Capital</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Nov 2012 10:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>promadmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[austérité]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgeoisie]]></category>
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		<category><![CDATA[politique gouvernementale]]></category>

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		<description><![CDATA[Les électeurs votent, les experts rédigent la feuille de route du gouvernement ! C&#8217;est ainsi que fonctionne la « démocratie » à la mode bourgeoise. Cette introduction peut être paraître exagérée, voire caricaturale. Mais c&#8217;est bien la morale qui s&#8217;impose après la publication &#8230; <a href="https://www.promethee-1871.com/rapport-gallois-programme-du-capital/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_83" class="wp-caption alignleft" style="width: 138px"><a href="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/01/marx2.jpg"><img class=" wp-image-83" title="Marx Prométhée" src="http://www.promethee-1871.com/wp-content/uploads/2012/01/marx2-128x150.jpg" alt="" width="128" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">la compétitivité c&#39;est le dumping social</p></div>
<p>Les électeurs votent, les experts rédigent la feuille de route du gouvernement !</p>
<p><a name="ret1"></a>C&#8217;est ainsi que fonctionne la « démocratie » à la mode bourgeoise. Cette introduction peut être paraître exagérée, voire caricaturale. Mais c&#8217;est bien la morale qui s&#8217;impose après la publication du rapport sur la compétitivité confié au grand patron et grand commis de l&#8217;État Louis Gallois <a href="#not1">(1)</a>. Les trois grands thèmes vitaux de ce rapport pour le capital sont :</p>
<p style="padding-left: 180px;"><strong>Réduire le coût du travail</strong><br />
<strong>Épuiser la terre</strong><br />
<strong>Entente cordiale capital-travail</strong></p>
<p><span id="more-206"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #ff0000;"><strong>Réduction du coût du travail ou disparition de la Sécurité sociale</strong></span></h3>
<p><a name="ret2"></a>Le point central sur la compétitivité est le transfert massif de la part « patronale » des cotisations sociales vers l&#8217;impôt (TVA et/ou CSG). Pour l&#8217;instant, François Hollande a choisi le crédit d&#8217;impôt pour le capital compensé par la réintroduction de la TVA « sociale ». Si l&#8217;on s&#8217;en tient à cela on passe à côté de l&#8217;essentiel. En effet, la quintessence du rapport Gallois est la vieille revendication du MEDEF, à savoir la suppression de la cotisation sociale avec comme conséquence la disparition de la Sécurité sociale. Cette dernière, dont l&#8217;esprit est anticapitaliste <a href="#not2">(2)</a>, constitue le dernier grand service public et représente une manne financière considérable pour les rapaces de la finance.</p>
<p>Cela fait une trentaine d&#8217;années que les gouvernements successifs œuvrent à la diminution des salaires soit par la limitation du salaire net soit par la réduction des cotisations sociales. Pour illustrer note propos voici quelques faits toujours en faveur du capital : 1979 gel de la cotisation vieillesse (retraite), 1984 gel de la cotisation santé, 1993 gel de la cotisation chômage, 2001 c&#8217;est au tour des retraites complémentaires du privé (Agirc &amp; Arrco). A cela il faut ajouter les exonérations de cotisations qui ont augmentées de façon vertigineuse : 1,9 milliard pour l&#8217;année 1992, 30,7 milliards pour l&#8217;année 2008.</p>
<p><a name="ret3"></a>Dans <em>Le Monde diplomatique</em> de novembre 2012, Christine Jakse note que depuis 1982 – date du tournant de la rigueur opéré par tous les partis de gauche – c&#8217;est la bagatelle de 1 500 milliards d&#8217;euros que le rentier-actionnaire a siphonné dans la poche du salarié-contribuable <a href="#not3">(3)</a>. Ce dernier est désormais sommé de raquer une seconde fois sous prétexte qu&#8217;il faudrait payer la dette « publique ».</p>
<p><a name="ret4"></a>Par les temps qui courent où tous les serviteurs de l&#8217;idéologie dominante (personnel politique, bureaucrates syndicaux, experts, journalistes, intellectuels de cours) sont partis en croisade contre le coût du travail, il n&#8217;est pas inutile de rappeler cette évidence : ce n&#8217;est qu&#8217;en apparence que le capital paye le travail. La réalité est décrite ainsi par Friedrich Engels : « <em>Recherchons maintenant avec quoi le capital paie ces salaires &nbsp;&raquo;équitables&nbsp;&raquo;. Naturellement, avec du capital. Mais le capital ne produit aucune valeur. En dehors de la terre, c&#8217;est le travail qui est l&#8217;unique source de richesse. Le capital n&#8217;est pas autre chose que le fruit du travail accumulé. <strong>Il s&#8217;ensuit que les salaires des ouvriers sont payés avec du travail</strong></em><strong>.</strong> » <a href="#not4">(4)</a></p>
<h3><strong><span style="color: #ff0000;">Épuiser la terre</span></strong></h3>
<p>Le second point essentiel du rapport Gallois concerne l&#8217;environnement. S&#8217;appuyant sur l&#8217;envolée des prix du gaz et du pétrole, le rapport plaide ouvertement pour l&#8217;exploitation des gaz de schiste, ou connaissant l&#8217;engagement présidentiel, pour que «<em> la recherche sur les techniques d&#8217;exploitation des gaz de schiste soit poursuivie</em>. » Dans sa conférence de presse du 13 novembre, François Hollande n&#8217;a pas démenti.</p>
<p><a name="ret5"></a>Il s&#8217;agirait, selon Louis Gallois, d&#8217;être en mesure de concurrencer « <em>l&#8217;amorce de réindustrialisation constatée aux Etats-Unis</em> ». Peu importe les conséquences, rien ne doit venir s&#8217;opposer à la course au profit. Pour une fois, le grand patronat ne dissimule pas ses objectifs illustrant ce que disait Karl Marx : le capitalisme ne peut se reproduire qu&#8217;en «<em> épuisant en même temps les deux sources d&#8217;où jaillit toute richesse : <strong>la terre et le travailleur</strong></em> » <a href="#not5">(5)</a>.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;"><strong>Entente cordiale capital-travail</strong></span></h3>
<p>Finalement, ce qui constitue le cœur du rapport Gallois c&#8217;est la collaboration de classes, la participation de l&#8217;exploité à sa propre exploitation.</p>
<p><a name="ret6"></a>Pour le capital, il est nécessaire de réduire au maximum le coût du travail comme le démontrait Karl Marx : « <em>la tendance générale de la production capitaliste n&#8217;est pas d&#8217;élever le salaire normal moyen, mais de l&#8217;abaisser</em> » <a href="#not6">(6)</a>. Mais ceci est encore insuffisant. Pour que le monde soit comme la concurrence « pure et parfaite » il faut que le travailleur ferme sa gueule pendant que ses syndicats collaborent.</p>
<p><a name="ret7"></a>Partant du principe que «<em> les circonstances de la seconde guerre mondiale et de la Libération, avaient permis d&#8217;élaborer, en 1946, un Pacte qui a permis les &nbsp;&raquo;trente glorieuses&nbsp;&raquo;; chacun sent aujourd&#8217;hui que ce Pacte négocié il y a soixante ans est à bout de souffle, qu&#8217;il ne fonctionne plus et qu&#8217;il fossilise le dialogue social </em>» le rapport Gallois met en chantier l&#8217;élaboration d&#8217;un nouveau pacte. Pour cela il propose l&#8217;entrée de représentants syndicaux dans les conseils d&#8217;administration des entreprises. Il s&#8217;agit de l&#8217;extension de la fructueuse expérience pour le capital de la pratique du « diagnostic partagé » dont le Conseil d&#8217;orientation des retraites reste à ce jour le meilleur exemple <a href="#not7">(7)</a>. En effet, n&#8217;est-il pas logique de faire confiance à des directions syndicales membres de la Confédération européenne des syndicats qui déclarent soutenir «<em> l&#8217;objectif d&#8217;assainissement des budgets</em> » <a href="#not8">(8)</a> ?</p>
<p>Le rapport fonde de sérieux espoirs sur les concertations initiées par François Hollande sur le financement de la protection sociale, la refonte des institutions représentatives des personnels et la précarité généralisée qui se cache sous le label « sécurisation de l&#8217;emploi ». Il encourage fortement les « partenaires sociaux » à surmonter les défiances, à «<em> reconnaître la responsabilité et le légitimité de l&#8217;autre</em>. »</p>
<p>Cerise sur le gâteau, pour que la docilité du futur salarié soit intégrée dès le plus jeune âge le rapport Gallois propose de «<em> rapprocher le système éducatif des entreprises</em> » et insiste lourdement pour que «<em> les entreprises soient associées à la gouvernance de l&#8217;enseignement technique et professionnel au niveau des établissements</em> ».</p>
<p>Conclusion : non seulement le mouton doit accepter de se laisser tondre, mais il doit en plus aiguiser la tondeuse.</p>
<h3><strong><span style="color: #ff0000;">Offensive globale du capital</span></strong></h3>
<p>Louis Gallois et son équipe d&#8217;experts appointés viennent de rédiger le programme unique de la classe dominante toute entière – quelque soit l&#8217;alternance gouvernementale – pour les années à venir. Plus prosaïquement, ils ont traduit en français le programme qui sévit déjà en Grèce, en Italie, au Portugal ou en Espagne.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas par pure méchanceté que les capitalistes agissent ainsi, c&#8217;est parce que la faillite les menace. Alors, guidés par leur avant-garde politique – le MEDEF – ils braillent leur mot d&#8217;ordre : On ne lâchera rien ! C&#8217;est la fin du compromis historique passé en 1945. Le capital ne peut être ramené à la raison qui fondait ce compromis. Même si les habitudes ont la vie dure, il faut abandonner les chimères qui laissent entendre que le capitalisme est réformable par la vertu, entre autres, d&#8217;une refonte du système bancaire pour qu&#8217;il ne soit utile qu&#8217;à la production ou encore d&#8217;un partage des richesses différent de l&#8217;actuel.</p>
<p><a name="ret9"></a>Aujourd&#8217;hui une chose est certaine, cela passe par un mouvement de libération de tous les mythes qui – jusqu&#8217;à nos jours – n&#8217;ont eu d&#8217;autre résultat que d&#8217;obscurcir l&#8217;émergence de toute conscience de classe. C&#8217;est le cas du mythe de la révolution par les urnes comme celui du grand soir qui, comme par miracle, fusionnera les «<em> escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiètements ininterrompus du capital ou les variations du marché</em> » <a href="#not9">(9)</a>.</p>
<p><a name="ret10"></a>Après la grève de masse de l&#8217;hiver 1995, à <em>Prométhée</em> nous nous posions – déjà – cette question : «<em> le cœur de tous nos projets ou programmes politiques est-il bien l&#8217;abolition de la propriété privée des moyens de production ? Quand on revendique la réduction du temps de travail, l&#8217;augmentation des salaires, du travail pour tous, le droit à la santé, celui au logement ou celui à l&#8217;éducation on combat les excès de la politique bourgeoise. On doit le faire avec toute notre ardeur pour tendre vers un puissant mouvement d&#8217;ensemble qui affole dans les couloirs des ministères et de la bourse. Mais ne risque-t-on pas, involontairement, de limiter la portée de ce mouvement pouvant déraper dans l&#8217;ornière de l&#8217;opportunisme ? Ce dernier sous-estime les capacités révolutionnaires des travailleurs et engendre le scepticisme envers l&#8217;indispensable révolution, dont on ne parle jamais parce qu&#8217;elle n&#8217;est pas encore à l&#8217;ordre du jour. Il combat les effets mais ignore les causes développant ainsi un empirisme adaptable au jour le jour</em> » <a href="#not10">(10)</a>.</p>
<p>Des nombreux et puissants mouvements de contestation de la politique d&#8217;austérité permanente qui secouent certains États membres de l&#8217;Union européenne peut naître une contre-offensive générale si, et seulement si, la classe ouvrière européenne parvient d&#8217;une part à se fixer l&#8217;objectif d&#8217;en finir avec le régime politique de la propriété privée et d&#8217;autre part à se donner les moyens de son auto-organisation. Ça commence par briser les idoles modernes du dieu Capital : Sainte Compétitivité et Sainte Gouvernance.</p>
<address style="text-align: right;"><strong>Emile Fabrol</strong></address>
<p><a name="not1"></a><br />
1.- Louis Gallois adhère à la CFDT et au PS à l&#8217;ENA (École nationale d&#8217;administration). Directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement (en 1981 à la Recherche, et en 1988 à la Défense). PDG de la SNECMA en 1989, puis de l&#8217;Aérospaciale en 1992. En 1996, après le mouvement de masse de décembre 1995, Alain Juppé le nomme président de la SNCF où il parvient à négocier un pacte social avec la CGT. En 2006, Jacques Chirac le propulse à la tête de EADS. En 2012, François Hollande fait appel à ses services.<a href="#ret1"> Retour au texte</a><br />
<a name="not2"></a><br />
2.- La Sécurité sociale fonctionne selon le principe de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins. <a href="#ret2"> Retour au texte</a><br />
<a name="not3"></a><br />
3.- Ces 1 500 milliards se répartissent ainsi : 1 100 pour les salaires nets et 400 pour les cotisations sociales. <a href="#ret3"> Retour au texte</a><br />
<a name="not4"></a><br />
4.- Article paru vers 1880. Reproduit dans <em>Salaire, prix et profit</em> aux <em>Éditions sociales</em>, 1969, page79. <a href="#ret4"> Retour au texte</a><br />
<a name="not5"></a><br />
5.- <em>Le Capital</em>, Livre Premier, 4e section, chapitre XV, <em>Éditions Sociales</em>, 1976, page 361. <a href="#ret5"> Retour au texte</a><br />
<a name="not6"></a><br />
6.- <em>Salaire, prix et profit</em> aux <em>Éditions sociales</em>, 1976, page 74. <a href="#ret6"> Retour au texte</a><br />
<a name="not7"></a><br />
7.- Sans ce « diagnostic partagé » il n&#8217;est pas certain que le patronat ait pu obtenir : l&#8217;augmentation du nombres d&#8217;années de cotisation, le passage à 62 ans de l&#8217;âge de départ à la retraite et surtout&#8230; la baisse des pensions. <a href="#ret7"> Retour au texte</a><br />
<a name="not8"></a><br />
8.-<a href="http://www.etuc.org/a/10440" target="_blank"> http://www.etuc.org/a/10440</a>. <a href="#ret7"> Retour au texte</a><br />
<a name="not9"></a><br />
9.- Karl Marx, <em>Salaire, prix et profit</em> aux <em>Éditions sociales</em>, 1976, page 73. <a href="#ret9"> Retour au texte</a><br />
<a name="not10"></a><br />
10.-<em>Prométhée</em>, numéro 29, 2e trimestre 1997. <a href="#ret10"> Retour au texte</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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