Austérité permanente et Régime autoritaire

« Pour supprimer l’idée de la propriété privée, l’idée du communisme suffit entièrement. Pour supprimer la propriété privée réelle, il faut une action communiste réelle. »
Karl Marx (1)

Dégager Sarkozy - Prométhée Club MarxisteCommençons par tordre le cou à la dernière trouvaille du Président-candidat pour sauver le pays (après avoir déjà sauvé le monde). Le mal dont souffre le pays serait le « coût du travail ». On pourrait lui rétorquer simplement que les causes de ce mal résident plutôt dans le coût du capital qui parasite l’activité des travailleurs-producteurs. Les propositions de Nicolas Sarkozy sont une offensive généralisée contre le monde du travail. Cette offensive, après deux plans successifs de rigueur de 2011, passe par une étape décisive dans le processus d’étatisation-privatisation de la Sécurité sociale avec le transfert d’une partie des cotisations vers la TVA, cet impôt indirect, réputé indolore et surtout injuste. Cette offensive se poursuit par le projet dit « compétitivité emploi » qui n’est rien d’autre qu’un grand pas en direction de la liquidation du droit du travail. C’est exactement ce que dit le Président au Figaro magazine du 11 février : « si dans l’entreprise, les salariés et le chef d’entreprise se mettent d’accord sur l’emploi, le salaire et la flexibilité, alors leur accord aura autorité sur la loi et primera sur le contrat de travail individuel. » Et pourtant son principal conseiller, Henri Guaino, l’avait prévenu : « lorsque l’équilibre du marché du travail ne garantit plus l’équilibre des forces dans la négociation, la loi du contrat devient fatalement la loi du plus fort », c’est-à-dire du patronat. Il est vrai que c’était en… 2004 (2). Tout salarié sait qu’il n’est pas sur un pied d’égalité avec son patron, c’est pour cela que les travailleurs se sont regroupés en syndicats pour tenter d’imposer des conventions collectives ou des statuts à leur employeur privé ou public.

Continuer la lecture

Publié dans Capitalisme, Classe ouvrière, Crise, Démocratie, Politique gouvernementale, Union européenne | Laisser un commentaire

De la Guerre urbaine à la Ville en Guerre

Paris 1848 Prométhée Club MarxisteL’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) et l’Université Paris Sorbonne IV organisaient le 10 janvier dernier une conférence intitulée « De la guerre urbaine à la ville en guerre ».Tout les passages en italiques de ce texte ne sont que des citations exactes et précises des deux chercheurs (une civile et un militaire (colonel)) s’étant exprimés à cette occasion. Il est à noter que ces deux observateurs décrivent des processus qu’ils ne cautionnent pas.

Faire la guerre en ville ou à une ville n’est pas un fait historique nouveau. Cependant les modalités d’intervention de la guerre urbaine sous forme d’actions coercitives consistant à « prendre la ville », puis à la contrôler font que cet espace humain est devenu ce que certains qualifient de « bourbiers urbains », pour les armées de l’OTAN (comme celle de la Russie en Tchétchénie). Pour les militaires et les chercheurs, il en est ainsi parce que dans un monde post Union soviétique,  « les acteurs de la déstabilisation », qui sont les nouveaux ennemis ont réinventé ce lieu de pouvoir économique, politique, religieux, scientifique où se concentrent populations, services, autorités publiques et forces de l’ordre.

Continuer la lecture

Publié dans Capitalisme, Classe ouvrière, Guerre urbaine, Mouvement social, Quartiers populaires | Laisser un commentaire

Russie : Préparer la seconde vague

Boris Kagarlitsky ProméthéeDe grands mouvements de protestations se sont déroulés en décembre dernier à Moscou et Saint-Pétersbourg, contre le trucage des élections à la Douma. Pour l’information de nos lecteurs nous reproduisons la traduction de l’interview accordé par le socialiste russe Boris Kagarlitsky (Directeur de l’Institut de la Globalisation et des Mouvements Sociaux, Russie) à l’hebdomadaire Weekly Worker (Communist Party of Great-Britain – CPGB). [Traduction JME].

WW :Il semble que le mouvement a été très diffus, l’extrême-gauche se trouvant au coude à coude avec l’extrême-droite et les nationalistes. Comment caractériserais-tu cela ?

BK : Depuis quelques années il y a eu un mécontentement croissant par rapport au système actuel parmi les gens -dans ce sens l’effet de la crise économique et sociale a été plus ou moins le même que dans d’autres pays. Mais dans le cas de la Russie nous n’avons pas vu auparavant d’expression active de ce mécontentement. Des millions de gens étaient en colère mais cela ne se traduisait pas en action politique.

De ce fait une partie de l’élite s’est imaginée que les Russes, pour quelque raison culturelle ou psychologique, sont simplement incapables de protester. Les intellectuels pour leur part avaient tendance à expliquer cette anomalie par la peur. Quoi qu’il en soit aucune de ces deux explications n’était correcte. Alors que la population était si passive qu’elle semblait être paralysée, cette situation ne pouvait pas perdurer pour toujours.

Continuer la lecture

Publié dans Capitalisme, Classe ouvrière, Démocratie, International, Mouvement social, Révolution | Laisser un commentaire

Bonne Année 2012 !

En vitesse accélérée, aux accents mensongers de la défense de la protection sociale et de l’emploi, aux intonations cocardières sur le « produisons en France» et en misant sur l’effet anesthésiant de la perspective de l’élection présidentielle : le Président et son gouvernement veulent instaurer une TVA dite « sociale ».

De quoi s’agit-il exactement ? Après des décennies d’exonération sur la part dite « patronale » de la cotisation sociale (partiellement compensée par le budget de L’État), le Président se prépare à satisfaire une vieille revendication du MEDEF : diminution des cotisations contre augmentation de la TVA. Cela se traduira concrètement par une double baisse du pouvoir d’achat pour la population laborieuse dans son ensemble. Indirectement c’est une réduction du salaire socialisé (la cotisation sociale) entraînant de nouvelle coupes sombres dans les remboursements. Directement l’augmentation de la TVA – l’impôt le plus injuste – entraînera une augmentation des prix, y compris ceux des produits de première nécessité.

Il s’agit d’un acte de guerre sociale !
Continuer la lecture

Publié dans Capitalisme, Classe ouvrière, Crise, Démocratie, Mouvement social, Politique gouvernementale, Révolution, Socialisme | Un commentaire

Des milices privées dans les quartiers populaires

poing levé prométhée site communistepremière mise en ligne le 27 décembre 2011 sur http://promcomm.wordpress.com

Le décret du 21 décembre 2011, où comment créer et développer massivement des milices privées pour contrôler les quartiers populaires.  A la veille de Noël, François Fillion a signé un décret qui est passé presque inaperçu. Pourtant, ce texte ouvre la porte à un renforcement sécuritaire inédit, par l’intermédiaire d’acteurs privés.  En effet, les gestionnaires d’immeubles collectifs d’habitation sont désormais autorisés à détenir des armes de 6ème catégorie pour assurer des missions de gardiennage et de sécurité.

L’habitat collectif, on le retrouve concentré dans les quartiers populaires. L’Union Sociale de l’Habitat à-elle-seule regroupe un parc de 4,2 millions de logements (dont 26% en Zone Urbaine Sensible) permettant de loger 10 millions de personnes (un français sur six !).

Continuer la lecture

Publié dans Classe ouvrière, Démocratie, Mouvement social, Politique gouvernementale, Quartiers populaires | Laisser un commentaire

La faillite programmée de l’enseignement supérieur public

première mise en ligne le 22 décembre 2011 sur http://promcomm.wordpress.com

L’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), l’Université de Savoie, l’Université Bordeaux III, l’Université de Limoges et l’Ecole normale supérieure de Cachan ont connu deux exercices financiers consécutifs déficitaires. Elles ont donc été placées sous la tutelle du Recteur.

Sont menacées également à court terme l’Université de Paris XIII et l’INSA de Rouen, voire l’Université de Bretagne sud (déficit de 1,2 million d’euros), l’Université de Paris II, l’Université de Nantes (déficit de 4 millions) et celle de Pau (déficit de 2 millions).

En 2010, le déficit cumulé des Universités a atteint le pic de 37 millions d’€. En 2011, il a littéralement explosé.

Continuer la lecture

Publié dans Démocratie, Enseignement, Mouvement social, Politique gouvernementale | Laisser un commentaire

Une dette liée à la nature militaire du capitalisme

première mise en ligne le 21 décembre 2011 sur http://promcomm.wordpress.com

La situation politique actuelle est marquée par la crise du système capitaliste à l’échelle mondiale. A l’image de la chute du système stalinien, il y a vingt ans maintenant, c’est une nouvelle fois la guerre et notamment la guerre en Afghanistan qui précipite la crise.

A la suite de la crise financière partie des États-Unis, ceux-ci ont injecté, près de 700 milliards de dollars dans le sauvetage de leurs établissements bancaires. Cette somme est à rapprocher de celles que représentent les dépenses liées à la «guerre globale contre le terrorisme» du 11 septembre 2001, au début de la crise en 2008, à savoir 824 milliards de dollars (171,1 pour l’Afghanistan et 653 pour l’Irak).

Le coût total des guerres en Irak et en Afghanistan pourrait atteindre – sur la période 2001 –2017 – 2 400 milliards de dollars, selon un rapport officiel du Bureau du budget du Congrès américain (CBO). Les dépenses pour les guerres pourraient atteindre 1 700 milliards de dollars, auxquels il faudrait ajouter 705 milliards pour payer les intérêts d’emprunts.

Comment croire qu’il n’existe aucun lien de cause à effet entre ces deux masses financières ? Comment ne pas comprendre qu’une économie, fût-elle la première du monde, ne peut entretenir aussi longtemps un tel effort militaire, notamment les 600 000 emplois détruits de janvier 2008 à 2009 aux Etats-Unis La facture de cette guerre est aujourd’hui présentée aux peuples.

Augustin Balby

Publié dans Afghanistan, Capitalisme, Crise, Démocratie, Guerre impérialiste | Laisser un commentaire

Capital contre Démocratie

Première mise en ligne le 14 novembre 2011 sur http://promcomm.wordpress.com

La crise qui secoue, depuis 2008, le capitalisme mondial provoque de violentes secousses dans l’Union européenne et plus particulièrement dans la zone euro. Sur fond de profonde et durable crise économique systémique perce une tout aussi profonde crise politique. De sommets européens en G20, de réunions en conciliabules du directoire germano-français, les gouvernements affichent le marasme dans lequel ils évoluent avec l’unique objectif d’être les meilleurs serviteurs possibles de leur Maître : le Capital que les médias domestiqués s’obstinent à appeler les marchés financiers.

Cette situation illustre à merveille que « le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière. » [1] Comme de quelconques actionnaires mécontents qui virent les membres du Conseil d’administration d’une entreprise, les fantomatiques marchés financiers virent les gouvernements dans lesquels ils n’ont plus confiance. La mesure de cette confiance est déterminée « scientifiquement » par les agences de notation. Malheur à celui qui est rétrogradé !

C’est ce que viennent de subir en quelques semaines la Grèce et l’Italie. Pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur ce qui va suivre : à Prométhée nous n’avons aucune sympathie pour le social-libéral Papandreou ou pour le réactionnaire Berlusconi. Mais force est de constater que le renversement de deux gouvernements issus du suffrage universel porte un nom : il s’agit de coups d’État. Ces derniers ont été pilotés par Angela Merkel et son second Nicolas  Sarkozy, ressuscitant ainsi la théorie de la souveraineté limitée de Leonid Brejnev en 1968..

La démocratie, même formelle, devient un obstacle à la volonté supérieure du capitalisme. Cette volonté est renforcée par la peur de la mobilisation des masses populaires qui sont contraintes au sacrifice pour que vive le veau d’or du capital. Qu’on se souvienne de l’angoisse qui a envahi le maître et ses principaux serviteurs à la seule annonce d’un possible référendum en Grèce.

La réaction ne s’est pas fait attendre trop longtemps : il faut remplacer les gouvernements incapables de maîtriser la classe ouvrière par des gouvernements dits « techniques » et si possible d’union nationale. La crise dans la zone euro est si profonde que les bourgeoisies retrouvent les accents de… 1914.

Les nouveaux chefs de gouvernements ont prouvé dans le passé qu’ils avaient une réelle expertise se situant au dessus des choix politiques partisans. Mario Monti, en Italie, fut de 1995 à 2004 commissaire européen à la concurrence et au marché intérieur. Cerise sur le gâteau il a exercé son expertise auprès de la banque Goldman Sachs.

Loukas Papademos, en Grèce – avant d’œuvrer comme vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) – fut de 1994 à 2002 gouverneur de la Banque de Grèce, à l’époque où la Grèce préparait le passage à l’euro avec l’aide d’un expert de Goldman Sachs (encore !), un dénommé Mario Draghi, aujourd’hui président de la BCE. Voilà ce qui se cache sous l’appellation « gouvernement technique » : c’est les pleins pouvoirs au capitalisme financier. Autrement dit : donner les clés de la caserne de pompiers aux pyromanes !

L’autre aspect de l’histoire qui s’écrit en Europe porte le nom d’union nationale. La situation est si grave qu’il faut impliquer le maximum possible de partis. Et cette union nationale n’a pas de limites, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Ainsi en Grèce le LAOS, parti nostalgique de la dictature des colonels vient d’entrer au gouvernement. Pour ceux qui ne comprendraient pas très bien le sens d’un tel gouvernement, il faut imaginer, en France, un gouvernement qui irait du PS au FN en passant par le centre et l’UMP.

Pour le capital tout doit être mis en œuvre pour que la classe ouvrière renonce, si possible en faisant sienne l’objectivité des sacrifices. Pas si sûr qu’il y parvienne !

Emile Fabrol

1.- Marx & Engels, Le Manifeste de parti communiste.
Publié dans Capitalisme, Classe ouvrière, Crise, Démocratie, Union européenne | Laisser un commentaire