Un front démocratique et social pour combattre le néo-libéralisme autoritaire

 

Nous ne sommes rien, soyons tout

Avec l’élection de Macron, il est grand temps de prendre en compte le néo-libéralisme et sa version autoritaire qu’affiche sans complexe le prince-président. Certes le capitalisme demeure le capitalisme tant que le prolétariat n’aura pas réalisé « la conquête de la démocratie » pour utiliser « sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie » selon les propos de Marx et Engels dans le Manifeste communiste. Mais ce serait une grave erreur de ne pas analyser et ni d’expliquer le fonctionnement du capitalisme dans la période actuelle. Continuer la lecture

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Rosmer, Trotsky et la question du Parti

Lettre aux abonnés de la Vie ouvrière 1915

Nous publions un échange de lettres entre Alfred Rosmer et Léon Trotsky, de 1931, sur la question du Parti, et plus particulièrement son fonctionnement interne. Question qui ne devrait pas manquer d’intéresser les militantes et militants communistes pour qui la démocratie est un choix indiscutable.

Pour lire ces documents : cliquer ICI

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Rosa Luxemburg, Socialisme et Culture

Nous publions ci-dessous une lettre de Rosa Luxemburg à Franz Mehring en date du 27 février 1916. Cette lettre présente un grand intérêt pour la lutte révolutionnaire, tout particulièrement le passage sur la nature du combat du prolétariat. A notre connaissance elle n’a jamais été traduite en française.

La traduction que nous proposons est de notre camarade Henry Nowak.

Südende, le 27 février 1916
Très cher ami!

Permettez-moi de répéter ici les quelques mots par lesquels j’ai essayé de vous dire de vive voix pourquoi votre personne et votre activité nous sont particulièrement chères, et le resteront à tout jamais. Cela fait des décennies que vous êtes, chez nous, à votre poste ; un poste que personne d’autre que vous ne saurait tenir. Vous êtes le représentant de la véritable culture dans tout son éclat et toute sa splendeur. Si, selon Marx et Engels, le prolétariat allemand est l’héritier historique de la philosophie classique allemande, vous êtes l’exécuteur testamentaire de cet héritage. Vous avez sauvegardé ce qui restait du précieux trésor de ce qui fut la culture de la bourgeoisie et l’avez, du camp de la bourgeoisie, apporté au nôtre, celui des déshérités.

Par vos livres comme par vos articles vous avez noué entre le prolétariat allemand et, non seulement la philosophie classique allemande, mais aussi la poésie classique, des liens infrangibles, non seulement à Kant et Hegel, mais aussi à Lessing, Schiller et Goethe. Par chaque ligne tracée par votre plume magnifique vous apprenez au prolétariat que le socialisme n’est pas une question de gros sous [Messer-und-Gabel-Frage, littéralement, des questions de couteau et de fourchette, des questions alimentaires, NdT] mais un mouvement culturel, une grande, une haute vision du monde. Et depuis plus d’une génération vous vous êtes donné pour tâche de défendre cet héritage, de monter la garde sur lui.

Certes, depuis la terrible catastrophe de la Guerre mondiale, les héritiers de la philosophie classique ont aujourd’hui l’air de misérables mendiants rongés par la vermine.  Mais les lois d’airain de la dialectique historique, que vous avez su, jour après jour, si magistralement expliquer au prolétariat, impliquent que les mendiants, les gueux, d’aujourd’hui se redresseront et deviendront demain des combattants rudes et fiers. Et si tôt que l’esprit du socialisme retrouvera sa place dans les rangs des prolétaires allemands, leur premier geste sera de se saisir de vos écrits, fruits du travail de toute une vie, écrits dont la valeur est impérissable et dont jaillit toujours le souffle d’une noble et puissante conception du monde.

Aujourd’hui, alors que les intellectuels d’origine bourgeoise nous trahissent et abandonnent en masse pour retourner à la mangeoire des puissants, nous pouvons les regarder s’en aller avec un sourire méprisant : Allez-vous-en ! Nous avons ravi à la bourgeoisie allemande le meilleur de ce qui lui restait en fait d’esprit, de talent et de caractère : Franz Mehring.

Cordialement vôtre à jamais
Rosa Luxemburg

 

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Grand marché transatlantique L’opinion de Trotsky

Que veut le capital américain ? A quoi tend-il ? Il cherche, dit-on, la stabilité. Il veut rétablir le marché européen dans son intérêt, il veut rendre à l’Europe sa capacité d’achat. De quelle façon ? Dans quelles limites ? En effet, le capital américain ne peut vouloir se faire de l’Europe un concurrent. Il ne peut admettre que l’Angleterre et, à plus forte raison, l’Allemagne et la France recouvrent leurs marchés mondiaux, parce qui lui-même il est à l’étroit, parce qu’il exporte des produits et s’exporte lui-même.

Il vise à la maîtrise du monde, il veut instaurer la suprématie de l’Amérique sur notre planète. Que doit-il faire à l’égard de l’Europe ? Il doit, dit-on, la pacifier. Comment ? Sous son hégémonie. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il doit permettre à l’Europe de se relever, mais dans des limites bien déterminées, lui accorder des secteurs déterminés, restreints, du marché mondial. Le capital américain commande maintenant aux diplomates. Il se prépare à commander également aux banques et aux trusts européens, à toute la bourgeoisie européenne.

C’est ce à quoi il tend. Il assignera aux financiers et aux industriels européens des secteurs déterminés du marché. Il réglera leur activité. En un mot, il veut réduire l’Europe capitaliste à la portion congrue, autrement dit, lui indiquer combien de tonnes, de litres ou de kilogrammes de telle ou telle matière elle a le droit d’acheter ou de vendre.

 

Extrait d’un discours de Léon Trotsky prononcé à Moscou le 28 juillet 1924. Publié la première fois dans le numéro 1 (janvier 1925) de la Révolution prolétarienne (revue mensuelle syndicaliste communiste). L’intégralité du discours se trouve dans Europe et Amérique (Librairie de l’Humanité, 1926). On peut retrouver les numéros de la Révolution prolétarienne en cliquant ICI.

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Le cynisme des « socialistes » européens

Envoyosn Valls'er le gouvernemnentAu concours international du plus gros mensonge de l’année, à l’unanimité du jury, la palme d’or a été attribuée au… Parti « socialiste » européen (PSE). Le 17 avril, le PSE tiendra meeting à Paris, en présence de Martin Schulz (candidat à la présidence de la Commission européenne) sur le thème : « l’austérité en Europe est une erreur » (1). En Europe, comme partout ailleurs, l’austérité est plus qu’une erreur c’est un crime social produisant des effets dramatiques dans les classes sociales qui n’ont pas le privilège de détenir du capital.

Cette affirmation du PSE contredit la pratique de toutes ses sections depuis des décennies puisqu’elles ont mis, mettent et mettront l’austérité en œuvre. En Allemagne, Schröder et son comparse Hartz ont instauré une sévère austérité qui fait baver d’envie la bourgeoisie française. Aujourd’hui, le SPD persiste en cogérant le pays avec Merkel. Le PSOE en Espagne et le PASOK en Grèce ont suivi le même chemin. Le premier a perdu les élections et le second a été licencié par le tandem Sarkozy-Merkel pour laisser la place à la troïka (2).

En France le gouvernement PS – ou plus exactement le gouvernement PS-MEDEF – est totalement investi dans la même logique : nouvelle contre-réforme des retraites, démantèlement du code du travail et maintenant le pacte dit de responsabilité. Ce dernier va produire des coupes sombres dans la protection sociale et les services publics ; autant d’abérations pour le capital. Pour parvenir à cet objectif le gouvernement Valls mise sur la franche coopération des directions syndicales autrement désignée sous le vocable de dialogue social.

Enfin, toute la construction de l’Union européenne (UE) est fondée sur la totale liberté pour le capital : austérité permanente, concurrence entre les salariés des pays membres de l’UE. Peut importe les effets réels sur les véritables producteurs pourvu que soit sauvé la profitabilité du capital. Du traité de Rome (1957) au TSCG (2012) en passant par le traité de Maastricht et les dogmes fondateurs de la Banque centrale européenne, tout ce fatras institutionnel, bureaucratique et opaque à souhait peut se résumer par une seule phrase : implacable mise en œuvre du principe libéral qui veut que seuls les plus forts survivent.

Qu’on le veuille ou non, c’est au niveau européen que se déroule la lutte des classes même si pour l’heure seule la bourgeoisie en a pris conscience. A son époque où l’organisation du mouvement ouvrier était encore balbutiante et où l’UE n’existait pas, Marx posait ainsi le problème : « la nouvelle révolution française sera obligée de quitter aussitôt le terrain national et de conquérir le terrain européen, le seul où pourra l’emporter la révolution sociale du 19e siècle » (3). Ce qui était vrai en 1848 devient une nécessité vitale en ce début du 21e siècle.

Le PSE et ses sections ont fait leur choix : tout pour le capital ! Leur mensonge grossier ne trompera pas éternellement la classe ouvrière européenne. La déroute du PS aux élections municipales en est un indice brouillé par l’implantation du FN. Si l’on se refuse à ajouter un cauchemar politique au cauchemar social existant, il convient de se préparer à la confrontation avec toutes les institutions qui écrasent la classe ouvrière sous le joug totalitaire du capital (4). L’émancipation ne sera possible qu’en brisant toutes nos chaînes.

Émile Fabrol

 

1.- http://www.parti-socialiste.fr/articles/le-17-avril-meeting-europeen-au-cirque-dhiver 2.- Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI
3.- Karl Marx, les Luttes de classes en France (1848-1950), Éditions sociales, 1952, page 47.
4.- Le totalitarisme n’est pas seulement une uniformisation politique terroriste, c’est aussi une uniformisation économico-technique non terroriste qui fonctionne en manipulant les besoins (…). Le totalitarisme n’est pas seulement le fait d’une forme spécifique de gouvernement ou de parti, il découle plutôt d’un système spécifique de production et de distribution, parfaitement compatible avec un « pluralisme » de partis, de journaux, avec la « séparation des pouvoirs », etc. Herbert Marcuse, l’Homme unidimensionnel, Les Éditions de Minuit, 1968, page 29.

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Hollande baisse les salaires

paupérisationLe MEDEF est aux anges, l’UMP fait la gueule. Sarkozy l’avait rêvé, Hollande va le faire. D’ici 2017, les cotisations pour les allocations familiales seront supprimées. Soit la bagatelle de 35 milliards d’euros par an que les travailleurs devront payer d’une façon ou d’une autre (TVA, CSG, impôts, écotaxe, réduction des prestations sociales, diminution des retraites, etc…).

Du point de vue de l’économie politique bourgeoise c’est le Capital qui règle les salaires. Ce qui justifie la propagande sur les « charges », le « coût du travail » et la tendance générale à tirer les salaires vers le bas. La décision de Hollande représente un gain brut pour le Capital.

Du point de vue du Travail c’est lui qui rémunère le Capital une fois défalqué le salaire direct et le salaire socialisé (les cotisations sociales y compris la part dite « patronale »). La décision de Hollande représente, en réalité, une baisse de salaire.

Et si l’on n’attendait pas 2017 pour mettre un terme à cette catastrophe !

EF

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Paris Quimper

Avec les encouragements de la place du Colonel Fabien, la Fédération de Paris du PCF a choisi l’alliance dès le premier tour des prochaines élections municipales. Au diable l’unité du Front de Gauche ! Pour treize élus, la direction du PCF montre, ainsi, le peu de crédit qu’il convient d’accorder à ses critiques de la politique gouvernementale. Jusque là ce n’est que la continuité d’un longue pratique de l’union de la « gauche », quel que soit son nom depuis 1935. Mais, cette fois l’électoralisme sort de ce cadre traditionnel. En effet, la Fédération de Paris côtoiera sur les listes de Anne Hidalgo deux « démocrates sincères » : Dominique Versini et Jean-François Martins. La première est chiraquienne et fut ministre de Jean-Pierre Raffarin. Le second est l’actuel conseiller MODEM de Paris.

Et ce sont les ouvriers qui ont manifesté à Quimper qui sont traités de « nigauds » enlisés dans un mouvement interclassiste !

EF

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L’impasse du dialogue social

Dans notre article « En passant par la Bretagne » nous soulignons que les syndicats bretons (sauf FO) se prononçaient pour le dialogue social avec les exploiteurs et le gouvernement au service de ceux-ci. Certes, rien de très nouveau sous le soleil ! Cette pratique, sanctionnée par une longue série de défaites notamment sur la question des retraites, prévaut depuis des lunes. Même si jusqu’à présent la CGT, la FSU et Solidaires ne l’affichaient pas aussi ouvertement. Le 25 novembre – alors qu’elles se précipitaient chez le Premier Ministre pour discuter d’une éventuelle réforme fiscale – les mêmes centrales syndicales (sauf Solidaires) se fendaient d’une déclaration, nationale celle-ci [1]. Cette fois les choses sont claires, les chefs syndicaux hissent les couleurs : pas question d’accroître les difficultés du gouvernement. Continuer la lecture

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